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fausse route

benoit la plume

Maître Poète
FAUSSE ROUTE


Une croqueuse en retour
Me manifestant
Longue répulsion,
Mais néanmoins attendrie
De mon fond gentil,
Projetait de parcourir
Avec moi son chemin,
Sporadiquement,
Me laissant les valises
A porter,
Les aubergistes
A régler.

Elle aimait
La Belgique et les musées,
La mer grise
Et les rues de Paris,
Le ciel bleu,
Les pavés de Lille
Et en Bretagne les crêperies.
Et aussi Max Jacob,
Emile Verhaeren.
Elle connaissait même
Victor Ségalen.

Accorte elle était.
Aussi je m’enflammais
Et dans l’oreille lui déversais
Des flots de mots tendres.
Elle les classait dans sa tête
Entre ses jours de fête
Et ses temps d’extase
Comme on range des vieilleries
Dans les tiroirs du bas.

Je luis ouvris mes bras.
Son regard si froid
Me ravala au rang
D’un épouvantail des champs.

Elle me permettait cependant
Quelque licence,
De classiques accouplements,
Du devoir conjugal.

Mais moi je m’acharnais.
Je me tissais pour ma quête
De tendresse
Un moral de chercheur d’or,
Une foie de charbonnier.
Elle souriait, elle en riait.

Un matin dans la pénombre,
A l’heure où les rayons
De cruauté font montre,
Ses chairs un peu lourdes,
Un peu flétries,
J’observais,
Et la fatigue déposée
Sur un visage un rien bouffi.

Surtout je vis dans ses yeux clairs,
Comme aux fenêtres d’un ossuaire,
L’amas des blancs squelettes
De tous ses amant passés
Dont le souvenir fut retrouvé.
Des longs, des courts,
En général assez beaux,
Des notables motorisés, des Maghrébins pointus,
Des concierges désoeuvrés, des Basques chevelus…
Venus des quatre horizons,
Ils formaient cette masse informe
Où je distinguai soudain
Mes propres clavicules,
Mes malheureux fémurs
Et de mon crâne le rictus.

Au carrefour suivant,
Subrepticement,
Je pris le vent,
Puis franchement,
 
Tu as fait le choix de la bonne direction..

Elles sont légion ces femmes usées par le profit qu'elles tirent (tirer est le mot juste!) de leurs nombreuses rencontres elles finissent toujours seules abandonnées de tous flétries par l'âge qui les rend encore plus laides....

Elles font fausse route, il est déjà trop tard pour elles!....

Elles achèveront leur vie dans peu de temps bien plus malheureuses que les braves hommes qui ont partagé leur artifice l'espace d'un moment...

....Laides à l'intérieur comme à l'extérieur !.

Amitiés poétiques
Maurice M
 
Dernière édition:
Il n'y a pas de fausse route ...
C'est leur chemin de vie, les obstacles leur permettent de découvrir qu'au final la liberté est à chercher à l’intérieur d'elles ...
 
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