• Visiteur, merci de ne pas poster plus de 5 poèmes par jour. Ceci dans le but d'améliorer la visibilité du site.

Fatigue.

totora

Nouveau poète
« Voilà longtemps que je n’avais plus eu tant peur. Voilà longtemps que je n’avais plus eu tant envie de vivre et de sentir les jours couler sous mes paupières. Sans raisons apparente, enfin je crois, enfin je crois. Voilà si longtemps que je m’imaginais mort, dans l’anonymat clôturé de mon cercueil. Sans espoir d’élévation, de métempsychose. Disons que je me vois mourir et que je suis un peu triste, parce que les jours ont été trop longs lorsque je les aurais vu court, et que les instants, les quelques foutus d’instant, un sourire, un regard, son visage, peu de temps, tout ça… tout ça, ça n’a duré qu’un instant, c’est cela le problème. Je n’ai pas voulu ça moi ! Ou alors je n’aurais rien voulu, rien du tout, que du ciment sur les quelque fleurs dans mon jardin, des marguerites, des conneries comme cela que l’on aurait bétonné dans le simple désir de voir les choses belles suffoquer.

J’ai peur, j’ai peur le soir. J’ai peur de la solitude qui se cache dans le noir, souvent la nuit je la sens se rapprocher de mon lit, et attendre, attendre que le jour se lève, ou du moins quelque chose du genre, car j’ai beau veiller, je n’arrive jamais à tenir jusqu'à son départ ! Elle me fait peur avec son visage bienheureux, ses manières aimables et ses sourires qui nous tiennent en haleine. Dis t’as vu à quoi je ressemble ? Je suis… moi. Avec mon sourire à peine peu sincère. Avec mon regard qui n’a plus rien à dire tant dans ma tête je suis absent. Avec mes manières, toutes maladroites que j’ai quand je parle d’amour. « Bah. Euh… c’est que… bah… tu sais... Fin. » Avec mon œil qui part en vrille quand je n’ai plus assez de force pour tenir le nerf bloqué. Avec ma bouche, ma bouche qui parle, qui parle, qui parle, qui parle trop, qui ne peux s’empêcher de lâcher un rire quand une situation reste tendue, quand le visage d’une s’assombrit, et qu’il ne faudrait qu’un rien pour que tout explose, avec ma bouche qui rit pour que l’oxygène repasse dans ses poumons et la libères. Ma bouche qui ne peux s’empêcher d’offrir des sourires en formes de rictus, parce qu’en vrai je ne sais pas sourire, je n’ai jamais appris. Les parents n’ont pas pour vocation d’apprendre à sourire, d’apprendre le geste, on reproduit… on reproduit, mais je ne suis pas à l’aise avec toutes ces mimiques, ces conneries, ces… ces. Ça m’épuise d’écrire et mon épaule me fait mal, je ne sais pas pourquoi. C’est arrivé, lundi, comme ça, sans raison, faux mouvement surement. Et les yeux qui hurlent à l’amertume, de tout arrêter avant de voir apparaître des choses que je ne veux pas lire, surtout pas, ne jamais contrarier un regard, car c’est sincère. D’ailleurs, il dit quoi son regard à elle ? Je n’arrive jamais à le lire son putain de regard, alors je ne comprends rien, et je ferme ma gueule, et je reste maladroit, avec les mots lourds, et le cœur lunatique, et le visage lunatique. Ça y’est je sens monter en moi ce que je ne désire pas. Quoi ? Une autre ? Putain, non pas elle, je ne désire pas la penser, pas maintenant, pas après mon sourire, enfin mon esquisse de sourire, je ne désire pas penser au ciel dans toute sa splendeur, dans toute sa pâleur, dans toute sa putain de connerie. Chut silence… les mots ne doivent plus fluer, chut, les mots ne doivent plus parler. Silence je me perds. »
 
Retour
Haut