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Félix Faure revisité (1841-1899)

Filiatus

Maître Poète
On retient du président Faure
Sa fin tragique à l'Élysée
Qui comme dans un château-fort
Avait le pont-levis levé

Il est mort au combat, Félix
Le haut du pantalon ouvert
Succédant tel un vrai Phénix
À l'indécent roi Dagobert

Mais étudions sa belle histoire
Sa rocambolesque épopée
Qui l'a vu couronné César
Pour finir mourant en Pompée

Félix naît à Paris 10ème
D'un ébéniste rhodanien
Le jour de janvier pénultième
De mil huit cent quarante et un

Après une scolarité
Un peu médiocre, son papa
L'inscrit à l'école Pompée
D'Ivry-sur-Seine [on ne rit pas!]

Il s'offre un stage en Angleterre
Pour apprendre le b-a-ba
Et puis engagé militaire
Il dégage aux premiers combats

Félix est négociant au Havre
Jusqu'à l'âge de vingt-quatre ans
J'admets que ce cursus vous navre
C'est peu pour être président

Il fonde sa propre entreprise
Et peu à peu se fait connaître
Il épouse une fille exquise
De laquelle Lucie va naître

Lucie Faure une fille en fleur
Que Marcel Proust faillit cueillir
Mais que les frasques, l'impudeur
De son géniteur a fait fuir

Je ne sais par quel artifice
Ledit Félix se retrouva
En mil huit cent soixante-dix
À la tête d'un consulat

Après la Commune, la guerre
Et la fin du Second Empire
Félix devient adjoint au maire
Un antimonarchiste, en pire

Quand il atteint la quarantaine
Il devient enfin député
Au sein de l'Inférieure Seine
Avant d'être "Maritimée"

Enfin à Paris, il exerce
Il est Secrétaire d'Etat
Aux Colonies et au Commerce
Auprès de Léon Gambetta

Puis ministre de la Marine
Dans l'équipe d'un président
Qu'un illuminé assassine
Et laisse le fauteuil vacant

Vent de panique sur la France
Casimir-Perier est élu
Mais pour la prochaine échéance
Notre Félix est à l'affut

Un an après tout se bouscule
Comme Félix l'avait rêvé
Le Perier qui coinçait la bulle
Est contraint à démissionner

À cinquante-quatre ans, victoire !
Notre autodidacte Normand
Entre de plain-pied dans l'Histoire
En devenant le Président

Président de la République
De la République française
Ce n'est plus tout à fait symbolique
En mil huit cent quatre-vingt-seize

Il faut être fin diplomate
Parlementer avec les Russes
Apprivoiser les démocrates
Modérer l'affaire Dreyfus

Lorsque Zola hurle "J'accuse"
C'est au Président qu'il s'adresse
Lui qui secrètement récuse
Les allégations de la presse

S'il est toutefois un domaine
Où notre Félix Faure excelle
C'est le flot de chaleur humaine
Qu'il manifeste aux jouvencelles

Mal lui en prend quand un beau soir
Dans le palais de l'Elysée
En un joli palais d'ivoire
Son bel oiseau il vient poser

Mais quand l'oiseau déploie ses ailes
Le cœur de son maître s'emporte
Il faut admettre que la belle
N'y est pas allé de mainmorte​
 
Merci !

"Il a voulu vivre César, il est mort Pompée", se serait moqué Clémenceau.
 
Ton texte c'est un peu Félix Potin on y revient bravo de réécrire l'histoire amicalement Kinkin
 
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