lorangeade
Nouveau poète
Quand le soir je sors en mon jardin
Quand la douceur nuiteuse m’enveloppe soudain
Je respire, tranquille, et les choses s’éveillent
Quand s’endorment les êtres et que l’air se mêle
A ces milles senteurs, ce mélange doux et calme
Exhalant terre et fleurs, tendresse que rien ne blâme ;
C’est cette sorte d’amour, pur comme les lys
Que clame la nature, que crie l’enfant qui rit.
Alors, quand j’ouvre les yeux, que je porte le regard sur cette étendue grise
Et que le soleil file ses lourds rayons rouges
J’aperçois dans l’air lourd que ses longues ailes attisent,
Une fée magnifique, la plus belle qui soit
Que le Diable adora et que Dieu a aimé
Elle est sereine et calme ; son regard de jais
Transperce la vallée comme les flèches d’Eros
Et tandis qu’autour d’elle l’air vibre et frémit
En observant sa terre soudainement elle sourit ;
Alors ses dents de perles pâlissent sa bouche rose.
Se cheveux sont tout d’or, ceint d’une couronne de roi
Et derrière elle s’étendent comme un arbre qui ploie,
Mêlés de fleurs d’amour, de soie et de diamants.
Autour d’elle la soie blanche de son corps enveloppé
Quand elle se pose sur l’herbe fluidement gracieusement,
Comme de l’eau qui coule glisse sur son corps frais ;
Sous son pied délicat et blanc comme du lait
Croissent alors des rêves, des roses et des astrées !
Puis elle marche en dansant, silencieuse,
Jeune pour l’éternité, toujours beauté gracieuse,
Vers la source du Miracle où elle court chaque nuit.
Elle se penche, s’accroupit
Trempe là dans l’eau fraîche sa fine petite main blanche
Et porte à ses lèvres les gouttes d’eau de Jouvence.
Alors les bras croisés sur ses minces épaules
Le visage levé vers les étoiles d’argent
Et ses pieds nus posés sur des feuilles de saule
Sa voix enchanteresse s’élève gracieusement ;
Quand le chant frêle et pur de sa bouche s’élève
Alors la nuit se tait frissonne et fait silence
Dans l’épais tronc de l’arbre s’est arrêtée la sève,
Et le rire des grillons dans l’herbe n’est plus dense
Plus un souffle de vent ne fait rugir les feuilles ;
Seul le fluide murmure de la source ne s’arrête,
Tandis que de la Dame s’approche un blanc chevreuil ;
C’est la sylve qui s’avance sous cet habit secrète,
C’est ainsi dans la nuit jusqu’à l’aube approchant,
Que la muse Nature dans la forêt chantant,
Rend visite à sa Terre pour mieux rire des Humains
De ce nid de vipères qu’elle a nourri au sein.
Et pour moi qui l’écoute je suis triste comme elle
De la voir si triste, de la voir si belle,
Et si bien ignorée
Qu’elle en reste cachée.
Quand la douceur nuiteuse m’enveloppe soudain
Je respire, tranquille, et les choses s’éveillent
Quand s’endorment les êtres et que l’air se mêle
A ces milles senteurs, ce mélange doux et calme
Exhalant terre et fleurs, tendresse que rien ne blâme ;
C’est cette sorte d’amour, pur comme les lys
Que clame la nature, que crie l’enfant qui rit.
Alors, quand j’ouvre les yeux, que je porte le regard sur cette étendue grise
Et que le soleil file ses lourds rayons rouges
J’aperçois dans l’air lourd que ses longues ailes attisent,
Une fée magnifique, la plus belle qui soit
Que le Diable adora et que Dieu a aimé
Elle est sereine et calme ; son regard de jais
Transperce la vallée comme les flèches d’Eros
Et tandis qu’autour d’elle l’air vibre et frémit
En observant sa terre soudainement elle sourit ;
Alors ses dents de perles pâlissent sa bouche rose.
Se cheveux sont tout d’or, ceint d’une couronne de roi
Et derrière elle s’étendent comme un arbre qui ploie,
Mêlés de fleurs d’amour, de soie et de diamants.
Autour d’elle la soie blanche de son corps enveloppé
Quand elle se pose sur l’herbe fluidement gracieusement,
Comme de l’eau qui coule glisse sur son corps frais ;
Sous son pied délicat et blanc comme du lait
Croissent alors des rêves, des roses et des astrées !
Puis elle marche en dansant, silencieuse,
Jeune pour l’éternité, toujours beauté gracieuse,
Vers la source du Miracle où elle court chaque nuit.
Elle se penche, s’accroupit
Trempe là dans l’eau fraîche sa fine petite main blanche
Et porte à ses lèvres les gouttes d’eau de Jouvence.
Alors les bras croisés sur ses minces épaules
Le visage levé vers les étoiles d’argent
Et ses pieds nus posés sur des feuilles de saule
Sa voix enchanteresse s’élève gracieusement ;
Quand le chant frêle et pur de sa bouche s’élève
Alors la nuit se tait frissonne et fait silence
Dans l’épais tronc de l’arbre s’est arrêtée la sève,
Et le rire des grillons dans l’herbe n’est plus dense
Plus un souffle de vent ne fait rugir les feuilles ;
Seul le fluide murmure de la source ne s’arrête,
Tandis que de la Dame s’approche un blanc chevreuil ;
C’est la sylve qui s’avance sous cet habit secrète,
C’est ainsi dans la nuit jusqu’à l’aube approchant,
Que la muse Nature dans la forêt chantant,
Rend visite à sa Terre pour mieux rire des Humains
De ce nid de vipères qu’elle a nourri au sein.
Et pour moi qui l’écoute je suis triste comme elle
De la voir si triste, de la voir si belle,
Et si bien ignorée
Qu’elle en reste cachée.