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Extrait du roman Les deux coeurs

jackharris

Nouveau poète

Mes ami(e)s, je vous invite à me suivre à bord du navire "Le Basque" afin de vous faire partager un bref instant ce qu’est la vie d’un marin.


En mer du Nord, le 18 Février 1961,

Nous revoici en mer, en route pour l’Ecosse,
Et nous n’y serons pas au moins avant six jours.
Le navire fend l’eau, pareil à un colosse,
Nous sommes en manœuvres à présent, et toujours.
Nous passons pas très loin des côtes de Norvège
Dans une opération combinée par l’OTAN,
Le temps n’est pas très bon et que Dieu nous protège
Le vent froid et glacé se transforme en tyran.
Il soulève la vague, on monte sur la crête
Avant de s’ébrouer dans le creux qui la suit,
Puis nous recommençons, partant à la conquête
De la vague suivante. Il n’est aucun répit ;
L’écume rejaillit dès que l’étrave plonge,
S’enfonce dans les eaux brisées par la terreur,
Le navire est vaillant et jamais il ne songe
A rebrousser chemin, il ignore la peur.
La cheminée, aux cieux, rejette dans son souffle
Une mince fumée que dissipe le vent,
La machine tient bon et l’aquilon s’essouffle,
Le pavillon, au mât, claque très fièrement.
Et le soir, quelquefois, quand apparaît la brume,
La sirène déchire un silence de mort
Qui livre son assaut dans les embruns, l’écume,
Mais nous ne cédons pas, le navire est plus fort.
La lutte se poursuit. C’est la ronde infernale,
La mer qui se déchaîne augmente sa fureur ;
Nous supportons la vague ainsi que la rafale
Et encore une fois le navire est vainqueur.
Il ne faut pas compter que le temps s’améliore,
Le baromètre bas continue de chuter,
Tout cela nous promet de trouver à l’aurore
Un temps plus acariâtre où il faudra passer.
Nous sommes épuisés, harassés de fatigue,
Le café nous permet de tenir un moment ;
L’on s’accroche où l’on peut, le vaisseau est prodigue
En sursaut, en secousse et en frémissement.
Nous roulons bord sur bord mais où est l’importance ?
Nous plongeons dans la lame avant de redresser ;
La mer qui nous meurtrit obtient là sa vengeance,
Le port est trop distant, elle aime en profiter.
Nous, nous avons la foi, un feu qui nous anime,
Et nous gagnons du temps, nous réduisons l’écart
Conservant les hélices à un même régime
Ah!... la voilà enfin!... la relève de quart!...
Me tenant aux parois pour passer la coursive
Je vais au poste deux où je pourrai dormir
Et là, dans le sommeil, partant à la dérive,
Le réconfort viendra pour me ragaillardir.
Là!... ça y est!... bon sang!... être dans sa couchette
Et se laisser bercer par les flots limoneux,
Dans une position qui me semble douillette
Je n’ai plus qu’un désir, c’est de fermer les yeux.
 
je ne l'avais pas lu, jusqu'à présent, parce qu'il s'agissait d'une histoire de marins et de mer.
je déteste la mer.
mais c'est merveilleusement raconté, à lire, j'en ai le mal de mer (je l'aurais sur un lac).
tu écris merveilleusement bien, avec une fluidité magnifique, un grand sens du mot, et un vocabulaire tout à fait passionnant.
je vais lire la suite.
 
lecture captivante...à s'y croire ......et ce, grâce à votre style d'écriture, aux mots, .... Merci !
Amitiés
Chriss
 
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