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EXALTE !

OLIVIERW

Maître Poète
Exalté !


Exalté, écorché vif, j'écris que le soir

Arrachant des mottes de mots de la terre glaise

De ma verve, les mains trempent dans l'encre noire

Craignant la panne sèche, j'ai peur du malaise


J'ai pris la masse et burins, gouttes de sueur

Perlent de mon front, tombent sur le papier

Sculptant dans le marbre, l'écrit, à la lueur

De la Lune, comme un pur gratte-papier


Le texte prend forme, j'aperçois les traits

Du visage, le regard exprime l'effort

La force et l'ardeur de l'auteur, c'est dans l'attrait

Du beau, que l'artiste trouve le réconfort


Enfin l'œuvre apparaît dans toute sa splendeur

Illumine le lecteur d'un réel désir

Celui de lire, de ressentir la grandeur

Émotive du Poète, un pur plaisir


Je tiens ma tête entre mes mains

Elle va exploser et soudain le chaos

Le crâne s'ouvre comme un fruit mûr

Un puissant jet de pensées s'en échappe


La lave des mots coule et s'étale

Sur tout le corps et atteint le sol

C'est mon être qui se répand partout

Eclaboussant les murs tout autour


Je deviens une chose, un objet quelconque

Je me vide littéralement de toute substance

L'esprit se liquéfie, ce moi n'est plus

Je suis un autre et sans esprit


La plume est déposée sur un vieux parchemin

L'auteur s'est endormi, harassé par la nuit

La tête lourde repose entre les deux mains

Il écrit tous les soirs, au-delà de minuit


Et la flamme blafarde se meurt lentement

Soudain le noir remplace la faible clarté

Aucun son dans la chambrée, sauf les ronflements

De l'homme qui semble au réveil, déconcerté


Il se gratte la tête, non croit pas ses yeux

Où sont passés les mots, ceux écrits récemment

Il cherche dessous la table, s'en prend à Dieu

Quel malheur, l'alcool lui joue des tours par moment


Mes mains ! Mes pauvres mains ! Elles tremblent de peur

Ces doigts au bout des mains qui sont paralysés

Des morceaux de chair et d'os, atteints de stupeur

Et je n'arrive pas à les canaliser


Je ne comprends pas, j'ai mal à les voir ainsi

Prostrées et recroquevillées, mais qu'avez-vous ?

Vous ne semblez point souffrir de cataplexie

La motivation n'est plus au rendez-vous


Elles font grève, revendiquent du repos

Protestent de subir une telle cadence

Préférez-vous travailler dans un entrepôt ?

Se plaindre d'écrire, mais quelle outrecuidance !
 
Des pérégrinations d'écriture , partagées avec brio. J'ai aimé.
 
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