EROS AU JARDIN DE POMELOS
Perrine n’était point une gourgandineMais une toute jeune blondine
Affamée de vie, d’envies et de plaisirs,
N’ayant de mieux qu’elle-même à offrir
Elle s’adonnait en le jardin de Pomelos
A des petits jeux pour le moins précoces,
Nue, s’ébattant en la rosée matinale
Nul ne pouvait chuchoter qu’elle faisait mal,
Elle quémandait la sève des calices
Se pourléchant les lèvres avec délice,
Ses jolies dents croquaient noix et amendes,
Faînes, olives qui se clamaient d’offrande,
Elle savourait en douce ingénue
Les tendres caresses des grappes charnues
Mais préférant la chair des bananes,
Elle épluchait la ferme peau qui enrubanne
De ses doigts agiles et fiévreux,
Tâtant sans meurtrir les agrumes juteux,
Elle goûtait aux fruits du pêcher
Dévorant les pommes du verger,
Mais sans avoir peur du pépin
Un noyau grandit en son sein…
Ainsi naquit le fruit de la passion
En la semence des tentations…