Casbadji
Nouveau poète
ENTRE DEUX FEUX . . . LE SALARIE
Comme les machines, sont à l'arrêt
Depuis longtemps sans démarrer
Je suis inquiet, si effaré
Que ça me cause, d'aiguës diarrhées
L'importation, qui a séduit
Tous les clients; nous a conduit
A la mévente de nos produits
Que les ach'teurs boudent aujourd'hui
A la maison, les p'tits mouflets
Ces sous-nourris et gringalets
S'agitent inquiets, l'air affolé
De perdre encore leur bol de lait
Avec l'obole que j'empochais
J'ai beau serré, j'ai beau pioché
C'est une gageure que d'aboucher
Deux mois entre eux, sans être fauché
Paraît qu'un plan de redressement
De l'entreprise, coulée doucement
Est concocté secrètement
Par la crème de l'encadrement
Ce fameux plan vise à cesser
De nous nourrir et engraisser
Alors pour ça, faut compresser
Immédiatement, car c'est pressé
Paraît qu'ils sont bien décidés
A bazarder et liquider
Les laborieux, au front ridé
Aux mains rugueuses; et poches vidées
Mais l'objectif ainsi visé
C'est de pouvoir privatiser
Les entreprises dévalisées,
Dépouillées, puis paralysées
L'on ira donc battre le pavé
Traîner savates, l'air dépravé
Courir, suer et même baver
Pour une patate ou un navet
L'allocation, cet avantage
Qu'on percevra; sauf chantage
De cette boiteuse caisse de chômage
Est un cautère et moi, l'otage
Heureusement la tripartite
Qui se regroupe et qui médite
Sur notre sort a le mérite
D'avoir des idées inédites
Ces messieurs, vont nous sécréter
Ou bien; nous pondre un arrêté
Qui prône ainsi, deux variétés
De solutions à nous prêter
C'est qu'on pourra braves gouvernés
Choisir de vivre en alterné
Notre existence, et hiberner
Pendant l'hiver ...et ronronner
L'on n’aura plus ainsi, besoin
Du mois d'novembre au mois de juin
De mangeotter, faisant l'appoint
Sauf d'oxygène, ni plus ni moins
Vivant d'eau fraîche, et de "je t'aime"
On peut sinon faire le carême
Adultes, séniles et gosses idem
Réglant ainsi; ce vrai dilemme
Onze" ramadan "durant l'année,
Pendant lesquels, on va jeûner
Ca permettra au porte-monnaie
De ne plus être malmené
Entre deux feux, le salarié
Célibataire, ou marié
Qu'il soit maîtrise, cadre, ouvrier
Est exposé les mains liées
Ainsi, les uns visent ma pitance
Cette mangeaille sans consistance
Les autres ciblent mon existence
Car je fais preuve de résistance
C'est donc ça, l'économie
De ce marché qu'on a promis
Aux travailleurs, braves et soumis
Dont l'avenir est compromis
Mais dans tout ça, où est passé
Le syndicat, qui ressassait
Qui haranguait, et menaçait
Dans ses discours par le passé
Notre syndic, sur cette galère
Où, l'on m'entraîne, sans mon salaire
Donne l'impression si nette et claire
Que le spectacle semble lui plaire
Et puis enfin, tout compte fait
Le F.M.I., est satisfait
Il estime ça, presque parfait
Mais moi, j'ai peur qu'ça va chauffer
MERZAK OUABED
Alger, 1993
dédié aux milliers de salariés ayant perdu soit leur emploi, pour compression des effectifs, pour "raisons économique" soit leur vie, pour avoir résisté et défendu leur outils et lieux de travail contre les hordes sauvages des terroristes
Comme les machines, sont à l'arrêt
Depuis longtemps sans démarrer
Je suis inquiet, si effaré
Que ça me cause, d'aiguës diarrhées
L'importation, qui a séduit
Tous les clients; nous a conduit
A la mévente de nos produits
Que les ach'teurs boudent aujourd'hui
A la maison, les p'tits mouflets
Ces sous-nourris et gringalets
S'agitent inquiets, l'air affolé
De perdre encore leur bol de lait
Avec l'obole que j'empochais
J'ai beau serré, j'ai beau pioché
C'est une gageure que d'aboucher
Deux mois entre eux, sans être fauché
Paraît qu'un plan de redressement
De l'entreprise, coulée doucement
Est concocté secrètement
Par la crème de l'encadrement
Ce fameux plan vise à cesser
De nous nourrir et engraisser
Alors pour ça, faut compresser
Immédiatement, car c'est pressé
Paraît qu'ils sont bien décidés
A bazarder et liquider
Les laborieux, au front ridé
Aux mains rugueuses; et poches vidées
Mais l'objectif ainsi visé
C'est de pouvoir privatiser
Les entreprises dévalisées,
Dépouillées, puis paralysées
L'on ira donc battre le pavé
Traîner savates, l'air dépravé
Courir, suer et même baver
Pour une patate ou un navet
L'allocation, cet avantage
Qu'on percevra; sauf chantage
De cette boiteuse caisse de chômage
Est un cautère et moi, l'otage
Heureusement la tripartite
Qui se regroupe et qui médite
Sur notre sort a le mérite
D'avoir des idées inédites
Ces messieurs, vont nous sécréter
Ou bien; nous pondre un arrêté
Qui prône ainsi, deux variétés
De solutions à nous prêter
C'est qu'on pourra braves gouvernés
Choisir de vivre en alterné
Notre existence, et hiberner
Pendant l'hiver ...et ronronner
L'on n’aura plus ainsi, besoin
Du mois d'novembre au mois de juin
De mangeotter, faisant l'appoint
Sauf d'oxygène, ni plus ni moins
Vivant d'eau fraîche, et de "je t'aime"
On peut sinon faire le carême
Adultes, séniles et gosses idem
Réglant ainsi; ce vrai dilemme
Onze" ramadan "durant l'année,
Pendant lesquels, on va jeûner
Ca permettra au porte-monnaie
De ne plus être malmené
Entre deux feux, le salarié
Célibataire, ou marié
Qu'il soit maîtrise, cadre, ouvrier
Est exposé les mains liées
Ainsi, les uns visent ma pitance
Cette mangeaille sans consistance
Les autres ciblent mon existence
Car je fais preuve de résistance
C'est donc ça, l'économie
De ce marché qu'on a promis
Aux travailleurs, braves et soumis
Dont l'avenir est compromis
Mais dans tout ça, où est passé
Le syndicat, qui ressassait
Qui haranguait, et menaçait
Dans ses discours par le passé
Notre syndic, sur cette galère
Où, l'on m'entraîne, sans mon salaire
Donne l'impression si nette et claire
Que le spectacle semble lui plaire
Et puis enfin, tout compte fait
Le F.M.I., est satisfait
Il estime ça, presque parfait
Mais moi, j'ai peur qu'ça va chauffer
MERZAK OUABED
Alger, 1993
dédié aux milliers de salariés ayant perdu soit leur emploi, pour compression des effectifs, pour "raisons économique" soit leur vie, pour avoir résisté et défendu leur outils et lieux de travail contre les hordes sauvages des terroristes