Racyne
Nouveau poète
Ils gravissent chaque jour le mont fumant,
Écartant de leurs petits doigts les déchets brûlants.
Pieds nus dans ces immondices contaminées,
Juste l’espoir de trouver un reste à manger.
Enfants pris en otages dans les ghettos du monde.
Favelas de Rio, São Paulo, où la misère abonde.
Envoyés au charbon de bois dans la forêt coupée,
En sueur, dans les mines ou les plantations de café.
Petit ! On ne t’a jamais autorisé à jouer.
Capoeira pour survivre, tu as même appris à tuer.
Frictions et poursuites des patrouilles de civils.
Trouille, légendes et mythes débiles, morts inutiles.
Pour oublier les crampes de ta faim,
Sur le bord du caniveau à fumer ton joint.
Tu rêves, sur un air de samba, à la plage de l’autre côté.
Horizon cimenté, Dom Pérignon et caviar à volonté.
Tu souris, tu sais qu’un jour tu auras ta revanche !
Quand tu iras dans les beaux quartiers semer ta blanche…
Ils goûteront d’abord au paradis, puis à l’enfer.
Petit homme fier, ils ne connaissent ni ta rue, ni ta guerre.