EN LA VOIE DES VOIX
Je fus éveillée par de douces et tendres voix,
Sonorités soyantes cocons floconneux,
Voies familiales comblées d'amour d'amiration,
Elles se firent plus fortes au nom d' "interdiction",
Rudes, coléreuses au timbre du "dangereux",
Calmantes, apaisantes à l'encontre de mes émois.
Puis je grandis, pris la voix de la liberté,
J'en connu de mielleuses, mélassées et suaves;
J'ai affûté la mienne en fiel d'amertume,
Courroucée acerbée de haine et d'écume:
Tant de salives fades, de baves en octaves
Déversées en mon âme en menteries sucrées.
L'intensité de ma voix, des leurres de la leur
Firent place à une cacophonie discordante,
De langage acide, criard, sulfureux,
Un tintamarre chaotique, fracas nerveux
En de disharmonieux borborygmes d'entente,
Exacerbée! Qu'elles se taisent, se meurent, en pudeur!
Notre voix, donation reçue en la naissance
Restera l'image de notre visage,
Cristalline aux notes aiguës claires et fraîches,
Elle se mue en nos fibres, grave, roque, rêche,
Douce, sensuelle, de velours ou volage,
Elle pénètre l'esprit en dégageant l'essence.
Les rimes chantantes au parfum de lavande,
Les accents traînards parisiens et banlieusards,
Les "loucoulades" des campagnes profondes,
Les gémissements, les vociférations du monde,
Ce brouhaha strident me cloue sur un brancard:
Arrêtez! arrêtez cette sarabande!
La mienne semble cassée, caverneuse, enfumée,
Je préfère les voix du silence, de la conscience,
Ce léger filet à l'arpège de la raison
Chuchote imperceptiblement en ovation:
Il me murmure intérieurement les nuances
Du jouail des écrits aux paroles estompées.
Je fus éveillée par de douces et tendres voix,
Sonorités soyantes cocons floconneux,
Voies familiales comblées d'amour d'amiration,
Elles se firent plus fortes au nom d' "interdiction",
Rudes, coléreuses au timbre du "dangereux",
Calmantes, apaisantes à l'encontre de mes émois.
Puis je grandis, pris la voix de la liberté,
J'en connu de mielleuses, mélassées et suaves;
J'ai affûté la mienne en fiel d'amertume,
Courroucée acerbée de haine et d'écume:
Tant de salives fades, de baves en octaves
Déversées en mon âme en menteries sucrées.
L'intensité de ma voix, des leurres de la leur
Firent place à une cacophonie discordante,
De langage acide, criard, sulfureux,
Un tintamarre chaotique, fracas nerveux
En de disharmonieux borborygmes d'entente,
Exacerbée! Qu'elles se taisent, se meurent, en pudeur!
Notre voix, donation reçue en la naissance
Restera l'image de notre visage,
Cristalline aux notes aiguës claires et fraîches,
Elle se mue en nos fibres, grave, roque, rêche,
Douce, sensuelle, de velours ou volage,
Elle pénètre l'esprit en dégageant l'essence.
Les rimes chantantes au parfum de lavande,
Les accents traînards parisiens et banlieusards,
Les "loucoulades" des campagnes profondes,
Les gémissements, les vociférations du monde,
Ce brouhaha strident me cloue sur un brancard:
Arrêtez! arrêtez cette sarabande!
La mienne semble cassée, caverneuse, enfumée,
Je préfère les voix du silence, de la conscience,
Ce léger filet à l'arpège de la raison
Chuchote imperceptiblement en ovation:
Il me murmure intérieurement les nuances
Du jouail des écrits aux paroles estompées.