babycool
Nouveau poète
ce saule-la je l'aime comme un homme est-il tordu,troué,souffrant et vieux! sont-ils crevés et bossués,les yeux que font les noeuds dans son écorse! est-il frappé dans sa vigueur et dans sa force! est-il misère,est-il ruine, avec tous les couteau du vent dans sa poitrine, et,néamoins,planté au bord de son fossé d'eau verte et de fleurs d'or, a travers l'ombre et a travers la mort, au fond du sol,mord-il la vie encor! un soir de foudre et de fracas son tronc craqua, soudainement,de haut en bas depuis,l'un de ses flancs est sec,stérile et blanc; mais l'autre est demeuré gonflé de sève des fleurs,parmi ses crevasses,de lèvent son front velu,comme un front de taureau, bute contre les chocs de la tempête; et dans les trous profonds de son vieux corps d'athlète se cache un nid de passereaux Emile Verhaeren