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Douce Mort

Eikode

Poète libéré
Toi que tout le monde craint et fuit,
Lorsque ton ennemie s'acharne sur moi,
Je pense à toi, parfois le jour, et même la nuit :
Il m'arrive de te désirer bien plus qu'on ne le croit.


Personne ne connait mon admiration pour toi,
Car si quelqu'un l'apprend un jour, c'est certain,
Cette fascination provoquerait l'effroi :
On m'interdirait de prendre alors ton chemin.


Pourquoi ignores-tu mes cris de sang ?
N'entends-tu pas mon être aspirer à l'éternel repos ?
Toi seule peut comprendre pourtant,
Car tu vois bien que suis lasse de tant de maux.


Mon désir étouffé par la logique du monde,
Qui force à avancer tant que l'on respire.
La naissance pourtant n'aboutit qu'à la tombe,
Alors laissez moi commettre le pire.


J'aspire avec joie de rejoindre ma sépulture.
Nul ne doit craindre de me voir quitter ces lieux.
Pour qui ignore ce que j'endure,
Il sera difficile d'en comprendre l'enjeu.


Seule toi peut entendre ma supplique et son sens,
Car tu constate que je suis moins encore qu'hier,
Et que chaque jour me fait perdre patience ;
Laisse moi retourner à la poussière.


Je n'ai plus la force de me battre de ce côté ci,
Permets moi de m'engouffrer dans ton Néant.
Laisse moi te rejoindre et abandonner la Vie,
Que je puisse à tes côtés observer les vivants.
 
Troisième lecture d'un texte tracé par votre merveilleuse plume.
Belle approche et magnifique douce sensualité sur un sujet
aussi dur que la fin de la vie, de la fin du tout.
C'est bien mené, une remarquable approche que l'on peut que souligner.
Magistralement écrit.
Mes hommages.
Loïc ROUSSELOT
 
Pas d'inquiètude Rêveurlunaire ; ce ne fut que le passage sous ma plume d'une mélancolie passée.

Un grand merci à ROUSSELOT pour ton compliment qui me touche sincèrement. J'avais peur de dévoiler mes maux sur ce site pourtant conseillée par une amie, mais si c'est pour recevoir de si jolis mots c'est finalement avec un grand plaisir que je continuerai.
 
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