totora
Nouveau poète
« Tu crois au destin ? Dis, est-ce que tu y crois ? Moi j’y crois, fermement. Je crois à la destinée, à une vie écrite par Dieu, et à laquelle tu chercherais toi-même ton chemin pour arriver à l’inéluctable. La vraie destinée, tu vois ? Celle qui est dure, implacable, celle que tu ne remets pas en cause pour un rien, celle qui te fais du mal, qui te fais du bien, qui te rend triste, malade, heureux, fatigué, dépressif, anxieux, étourdi par les mégalopoles, embué par la fumée grise du monde, lassé par le crissement du couteau dans la veine froide-glaciale. Celle qui fait du bien, comme tes yeux m’ont tant rassuré. Celle qui fait du mal, comme lorsque je me rends compte que nos chemins nous oppressent, que la vie elle-même nous oppresse... que l’on meurt de rien. J’ai peur aussi parfois, ne t’imagine jamais que ce n’est pas le cas, une tempête, des douleurs abdominales violentes, des secousses énormes-destructrices, des sensations de vide, intenses, toujours plus intense. Le mal de toi, le mal de moi, le mal des gens qui passent, badauds éternel d’une vie, d’une autre vie, d’un chemin insipide et monochrome. J’ai froid, et mes épaules tremblent. J’ai peur, mes mains tremblent, et puis je pense à toi quand je ne pense à rien. Mais puisqu’il faut faire ainsi, alors marchons ! Que l’on trébuche, que l’on courre, de toute manière l’arrivée sera la même... C’est ainsi qu’est écrit notre histoire. C’est comme cela que l’on se regardera, dans le reflet pâle de la lame de rasoir. Et puis nos bras enlacés qui saignent, pour du rien toujours plus de rien. Et puis tes bras qui saignent, pour rien, jamais plus que rien... Elle était belle notre mémoire, je crois que nous avons juste sali l’histoire. Bien agencée, beau présentoir, deux amoureux qui n’aurait rien d’autres à dire que « Survis pour moi », mais ça... ça n’existe que dans les romans. Alors... alors... Tu crois à mon destin ? Moi j’y crois, au tiens. »