lapoeteamateur
Nouveau poète
Après-midi d'hiver, le vent siffle dans la toiture, les volets claquent, la neige a cessé de tomber.
Elle met ses lunettes de soleil, opaques, pour cacher ses yeux cernés et tuméfiés,
Les enfants vont bientôt rentrer de l'école et vont immanquablement remarquer
Et comprendre ce qui s'est encore une fois passé, "il l'a encore frappée".
Pourtant, il l'aime, il le lui jure chaque lendemain, quand il est désaoûlé,
Et il ne veut pas envisager vivre sans elle, sa femme, sa proie préférée.
Ca commence toujours de la même façon, il arrive en voiture et quand elle l'entend,
Elle sursaute et sent la frayeur accélérer le débit de son sang dans ses veines,
Elle plaque sur son visage un sourire de circonstance, faisant croire à son prince pas charmant
Qu'elle est heureuse de le voir rentrer de bonne heure et désireuse de soulager ses peines.
En général, il pousse la porte d'entrée dans un vague grognement quand il a bu
Et se dirige, la démarche claudiquante jusqu'à la cuisine où elle a quasiment élu domicile,
Elle esquisse de nouveau un sourire et lui murmure qu'elle finit de préparer le menu,
Il lui prend ses lèvres et pose les siennes, avinées, dans un soupir de satisfaction puérile.
C'est ensuite que les choses tournent mal car malgré les tentatives pour le garder calme,
Le moindre détail, la moindre phrase mettent le feu aux poudres et conduisent au drame.
Les enfants, habitués, dociles, gardent la tête baissée, n'osant croiser le regard
De leur tortionnaire, après tout cet homme qu'ils se doivent d'aimer est leur père !
Elle se fait soumise pour servir le dîner, se fait servante pour déposer la bouteille et le verre,
Se recule rapidement pour éviter le verdict du repas qui ne lui conviendra pas, c'est déjà trop tard.
Dans un sursaut de rage, il renverse sa chaise, le torse penché sur le côté, les poings serrés,
Les yeux injectés de sang et tel un prédateur, il devine l'endroit où elle ira se réfugier,
Pas assez rapide, elle se sent tirée en arrière par les cheveux et tente de s'arquebouter
Pour échapper à son emprise: les chances sont inégales, ce grand gaillard musclé
Ne fait qu'une bouchée de ce corps fragile qui porte encore les stygmates des autres volées.
La progéniture autour de la table reste sans réaction : c'est maman qui l'a dit "ne bougez jamais"
Ils savent qu'une seule tentative pour la défendre leur serait fatale et maman l'a dit "Ne dîtes rien"
Alors, le monstre dont la colère est décuplée par la faiblesse et la passivité de sa moitié,
S'en donne à coeur joie ! Comme un exhutoire, elle est là et encaisse vraiment bien.
Après quelques minutes qui ont duré certainement des heures, elle est souvent allongée par terre,
Les cheveux en bataille, cachant son visage ensanglanté et comme à l'accoutumée, les enfants
Se demandent si elle va se relever pour le défier ou si elle restera dans cette misère.
Elle est loyale, elle courbe l'échine, ne proteste pas et ne l'insulte même plus, c'est pas sa faute à lui,
Et puis, c'est rien, seulement quelques coups qu'il donne mais quand il aura repris ses esprits,
C'est certain, il lui promettra d'arrêter, il lui dira qu'il l'aime trop et qu'elle ne doit pas le quitter,
Et que si elle s'enfuyait, il préférerait la tuer plutôt que d'endurer sa solitude d'alcoolique invétéré.
Elle met ses lunettes de soleil, opaques, pour cacher ses yeux cernés et tuméfiés,
Les enfants vont bientôt rentrer de l'école et vont immanquablement remarquer
Et comprendre ce qui s'est encore une fois passé, "il l'a encore frappée".
Pourtant, il l'aime, il le lui jure chaque lendemain, quand il est désaoûlé,
Et il ne veut pas envisager vivre sans elle, sa femme, sa proie préférée.
Ca commence toujours de la même façon, il arrive en voiture et quand elle l'entend,
Elle sursaute et sent la frayeur accélérer le débit de son sang dans ses veines,
Elle plaque sur son visage un sourire de circonstance, faisant croire à son prince pas charmant
Qu'elle est heureuse de le voir rentrer de bonne heure et désireuse de soulager ses peines.
En général, il pousse la porte d'entrée dans un vague grognement quand il a bu
Et se dirige, la démarche claudiquante jusqu'à la cuisine où elle a quasiment élu domicile,
Elle esquisse de nouveau un sourire et lui murmure qu'elle finit de préparer le menu,
Il lui prend ses lèvres et pose les siennes, avinées, dans un soupir de satisfaction puérile.
C'est ensuite que les choses tournent mal car malgré les tentatives pour le garder calme,
Le moindre détail, la moindre phrase mettent le feu aux poudres et conduisent au drame.
Les enfants, habitués, dociles, gardent la tête baissée, n'osant croiser le regard
De leur tortionnaire, après tout cet homme qu'ils se doivent d'aimer est leur père !
Elle se fait soumise pour servir le dîner, se fait servante pour déposer la bouteille et le verre,
Se recule rapidement pour éviter le verdict du repas qui ne lui conviendra pas, c'est déjà trop tard.
Dans un sursaut de rage, il renverse sa chaise, le torse penché sur le côté, les poings serrés,
Les yeux injectés de sang et tel un prédateur, il devine l'endroit où elle ira se réfugier,
Pas assez rapide, elle se sent tirée en arrière par les cheveux et tente de s'arquebouter
Pour échapper à son emprise: les chances sont inégales, ce grand gaillard musclé
Ne fait qu'une bouchée de ce corps fragile qui porte encore les stygmates des autres volées.
La progéniture autour de la table reste sans réaction : c'est maman qui l'a dit "ne bougez jamais"
Ils savent qu'une seule tentative pour la défendre leur serait fatale et maman l'a dit "Ne dîtes rien"
Alors, le monstre dont la colère est décuplée par la faiblesse et la passivité de sa moitié,
S'en donne à coeur joie ! Comme un exhutoire, elle est là et encaisse vraiment bien.
Après quelques minutes qui ont duré certainement des heures, elle est souvent allongée par terre,
Les cheveux en bataille, cachant son visage ensanglanté et comme à l'accoutumée, les enfants
Se demandent si elle va se relever pour le défier ou si elle restera dans cette misère.
Elle est loyale, elle courbe l'échine, ne proteste pas et ne l'insulte même plus, c'est pas sa faute à lui,
Et puis, c'est rien, seulement quelques coups qu'il donne mais quand il aura repris ses esprits,
C'est certain, il lui promettra d'arrêter, il lui dira qu'il l'aime trop et qu'elle ne doit pas le quitter,
Et que si elle s'enfuyait, il préférerait la tuer plutôt que d'endurer sa solitude d'alcoolique invétéré.