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Deux enfants dans la ville

Gérard Taverne

Maître Poète
Deux enfants dans la ville

J’avance sans buts dans ma cité en ruine.
Une main géante a broyé mes lieux enchantés.
Je n’ai pas reconnu la petite école aux volets bleus.
Ni le jardin d’enfants aux mille couleurs.
Je ne sais où aller…

Dans mes bras, mon frère s’est endormi.
Autour de nous, les murs déchiquetés
Semblent lever des poings rageurs
Pour défier la fureur venue du ciel.
La chanson dit que la réponse est dans le vent,
Mais dans la vraie vie : où est-elle ?

D’ailleurs, je ne me pose plus de questions.
J’assure mon pas, comme le funambule,
Lui, au-dessus du vide, sur une corde raide,
Moi, au-dessus du néant, sur le fil fragile de ma vie.

Ici, les vilains petits canards ne deviennent pas des cygnes.
Alice n’a pas trouvé le pays des merveilles.
Et la petite fille d’Andersen a craqué sa dernière allumette.

Plus tôt, mon frère m’a demandé :
— Est-ce qu’il y a des bombes au paradis ?
— Non.
— Alors, on pourra jouer sans se cacher ?
— Oui.
— Et on n’aura plus mal ?
— Non.
— Et on ne grandira plus ?
— Non plus jamais.
Quand il a fermé ses yeux pour toujours :
Il souriait encore…

La petite Olena
 
Dernière édition:
Ca en fait des enfants dans le monde qui vivent encore cela
La barbarie semble se moquer de l'histoire
Touchante composition. Merci .
Je me réjouis de votre arrivée sur ce site
 
J’avance sans buts dans ma cité en ruine.

Une main géante a broyé mes lieux enchantés.

Je n’ai pas reconnu la petite école aux volets bleus.

Ni le jardin d’enfants aux mille couleurs.

À la place des trous béants de désespoir

Qui résonnent comme la cloche fêlée

des sombres douleurs à venir.

Je ne sais où aller…

Dans mes bras, mon frère s’est endormi.

Autour de nous, les murs déchiquetés

Semblent lever des poings rageurs

Pour défier la fureur venue du ciel.

La chanson dit que la réponse est dans le vent,

Mais dans la vraie vie : où est-elle ?

D’ailleurs, je ne me pose plus de questions.

J’assure mon pas, comme le funambule,

Lui, au-dessus du vide, sur une corde raide,

Moi, au-dessus du néant, sur le fil fragile de ma vie.

Ici, les vilains petits canards ne deviennent pas des cygnes.

Alice n’a pas trouvé le pays des merveilles.

Et la petite fille d’Andersen a craqué sa dernière allumette.

Plus tôt, mon frère m’a demandé :

— Est-ce qu’il y a des bombes au paradis ?

— Non.

— Alors, on pourra jouer sans se cacher ?

— Oui.

— Et on n’aura plus mal ?

— Non.

— Et on ne grandira plus ?

— Non plus jamais.

Quand il a fermé ses yeux pour toujours :

Il souriait encore…

La petite Olena


J'ai lu avec beaucoup d'attention
C'est plein de vie et j'ai senti une profonde sincérité en vos propos
Merci
 
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