DESSINER UN SOURIRE
Tant de sourires expriment en secret nos sentiments,
Il en est de certains que j’abhorre, exècre, déteste
Tels ces rictus commerciaux dont l’hypocrisie m’est indigeste,
Si mielleux, fallacieux aux stéréotypes méprisants,
Il est de ces esquisses mécaniques faussement aimables
Où les sourires qui se veulent charmeurs et enjôleurs
Ne sont que dédaigneux, hautains, nargueurs
Ne s’apparentant qu’à des intérêts égoïstes et méprisables,
Il existe de ces sourires forcés, crispés, constipés,
Les amers, désabusés, figés, aigres-doux, mélancoliques,
Les insolents, acérés, moqueurs, ironiques,
Les polis, les contrits, les fabriqués, les gênés,
Mais aussi les niais, insipides, transparents,
Les mitigés, commandés, contrefaits,
Les stupides, arrogants, les tristes, les gais,
Les bienheureux, les rayonnants, radieux et triomphants,
S’il me fallait dessiner un sourire je choisirais le plus sincère,
Le véritable, le spontané, l’authentique, le franc
Et le trouverais dans les tout premiers sourires d’un enfant
Dont la candide innocence ne peut être mensongère.