Fathima
Nouveau poète
Noir. Tout est noir. Je ne vois rien. Je ne suis pas capable de distinguer les formes devant moi. Je marche et je trébuche. J’ai froid. Le vent glacial et sans pitié hurle dans mes oreilles. Je continue de marcher mais je ne sais guère où je me dirige. J’erre dans les rues de la ville. A cette heure tardive de la nuit, il n’y a point d’âmes qui vivent. Les façades grises des immeubles ne me font que rappeler mon désarroi et le vide qui s’est installé dans mon cœur. Les lampadaires qui éclairent faiblement les rues ne me prodiguent aucun confort. J’ai peur. J’essaye d’éviter mon ombre. Je veux m’enfuir; m’enfuir de tout ce que je connais. M’enfuir de moi-même… Al hamdu lillāhi rabbi l-ʿālamīn Ar rahmāni r-rahīm Māliki yawmi d-dīn Je m’arrête net. Iyyāka naʿbudu wa iyyāka nastaʿīn Ihdinā s-sirāta al-mustaqīm Sirāta al-ladīna anʿamta ʿalayhim ġhayri l-maġhdūbi ʿalayhim walād-dhālleen Tout d’un coup, une clameur de voix s’élève. Des voix puissantes et sereines. AMEEN! Je sursaute. Je sens quelque chose bouger au fond de mon cœur. Je reste abasourdi face à ce que je viens d’entendre. Je respire une grande bouffée d’aire et je me sens revivre. Lorsque je me tourne vers l’endroit d’où provenait cette douce mélodie, je me sens irrésistiblement attiré. C’est comme si l’on appelait mon nom. Malgré moi, mes pieds se dirigent vers l’entrée de la mosquée. La mélodie continue et à chacun de mes pas les mots résonnent plus clairement dans ma tète. C’est le plus beau son que je n’ai jamais entendu. Dès que j’ouvre la porte d’entrée, je reste figé. Un spectacle impressionnant se déroule sous mes yeux ébahis : une foule incroyable se tenant en rang serré est prosternée. C’est la première fois que j’assiste à une telle scène. J’ai envi de les rejoindre. Je m’avance à petit pas et je tombe, je tombe en prosternation. Je pense que j’ai trouvé le remède pour guérir mon cœur mort. J’ai trouvé la lumière. ***La Ilaha Ilallah Muhammadur Rasulullah***