rivière
Maître Poète
Dans les airs, monte le parfum des lys et des amaranthes
L’aurore s’éveille,
l’automne soupire, et effeuille l’éclat des fleurs,
des mouettes palpitent le long des rives du Loir,
l’automne soupire, et effeuille l’éclat des fleurs,
des mouettes palpitent le long des rives du Loir,
dans les airs, monte
le parfum des lys et des amaranthes,
les roses agonisent
le parfum des lys et des amaranthes,
les roses agonisent
parmi les paupières des bocages.
Ma longue chevelure de jais pend à la vergue de mon dos,
mes seins fiers et lourds, libres de toute attache,
Ma longue chevelure de jais pend à la vergue de mon dos,
mes seins fiers et lourds, libres de toute attache,
sous ma robe de lin, content l’astre de Beauté de ma féminité,
ô ma Douce, je veux célébrer la splendeur de ton visage,
le lai de tes lèvres,
ô ma Douce, je veux célébrer la splendeur de ton visage,
le lai de tes lèvres,
toi qui rayonnes parmi l’étrave des champs et des forêts.
La cloche de l’église tinte non loin de moi,
j’attends sur le parvis que tu sortes du temple de Dieu
La cloche de l’église tinte non loin de moi,
j’attends sur le parvis que tu sortes du temple de Dieu
pour déposer sur tes lèvres l’étoile d’un verset d’amour.
Tu m’as connue alors que je n’étais qu’une sauvageonne,
tu m’as emmenée en ta maison, puis, prêtresse de Sappho,
Tu m’as connue alors que je n’étais qu’une sauvageonne,
tu m’as emmenée en ta maison, puis, prêtresse de Sappho,
tu m’as initiée aux joies de la Chair et du Désir,
et je suis devenue ton humble poétesse
qui psalmodie la tendresse de tes paroles.
et je suis devenue ton humble poétesse
qui psalmodie la tendresse de tes paroles.
Cependant, ô ma Vierge d’Amour,
j’ai retenu tes leçons, et je suis devenue ta Maîtresse,
je veux t’enseigner les strophes de la luxure, et la royauté de la volupté.
j’ai retenu tes leçons, et je suis devenue ta Maîtresse,
je veux t’enseigner les strophes de la luxure, et la royauté de la volupté.
Bientôt, quand tu seras devant moi,
je te prendrai par la paume,
je te conduirai sans mot dire dessus notre couche,
je te prendrai par la paume,
je te conduirai sans mot dire dessus notre couche,
et face au triomphe de ta clarté,
face à la Grâce de tes sens,
je chanterai la cerise de ta bouche, la cambrure de tes hanches,
face à la Grâce de tes sens,
je chanterai la cerise de ta bouche, la cambrure de tes hanches,
je laperai le lac de ton pertuis, je boirai le miel de tes blanches noces,
et tu verras luire en mes iris de vice,
les langueurs de ma Passion si pure, ô ma Femme !
et tu verras luire en mes iris de vice,
les langueurs de ma Passion si pure, ô ma Femme !
Sophie Rivière