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Désirs salaces d'un égocentrique - avec les commentaires explicatifs

  • Auteur de la discussion Auteur de la discussion powerkid
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powerkid

Nouveau poète
Note : j'ai écris cette poésie quand j'avais 17 ans, elle était originalement plus longue mais j'ai tronqué toute la fin qui à mon goût était pas terrible. La version original est toujours disponible sur mon Wattpad (@TomLaPomme - Anthologie Poétique)

Désirs salaces d'un égocentrique
Tom .RKT
Parfois la nuit je me questionne,
De vert et d'or, ivre, je déraisonne...
D'un violet pourpre, je saigne mon corps
Pensant qu'encore le baisé dors...

A chaque aurore, la lumière fane
Je réalise : mes envies diaphanes
Ne sont ni de passages,
Ni de bien cours orages.
Retour à la réalité
L'illusion est brisée

Mensonge

Je suis le menteur qui fantasme en secret
Quand je ferme les yeux, je peux t'imaginer
Assise au pied du lit, tu as les mains liées
Et le cou enchaîner à l'horloge de mon cœur

Les mains courants mon torse, tu ne cesse de m'aimer !
Tes lèvres à mon oreille me murmure des baisés...
Et je saisis tes hanches, fragiles comme une fleur...

Te rendant miaulante, en toi, je sème !
Chantons en coeur, "chaton je t'aime !"
Tu m'emportes ? JE t'emporte !
Tirant les cordes de ton corset défait,
Je joue de la lyre de ton corps blessé
La bouche entre tes jambes ou peu m'importe.

Anadyomène muse, tu me noies de désirs !
Inconsciente complice de c'qui me fait souffrir.
Tu t'émancipe - à force de temps - loin du sillage de mon corps
Moi, j'ai en bouche le goût d'un de tes baisers d'or.

Analyse et commentaires
Comme énoncé dans la note d'entrée, j'ai écris cette poésie quand j'étais au lycée, plus précisément après ma toute première rupture amoureuse. Je ne suis capable de l'analyser que maintenant car je n'arrive à formuler clairement mon état d'esprit de l'époque qu'avec la maturité de mes 21 ans.

Je ne considère pas vraiment que ma poésie parle d'une histoire d'amour adolescente ( et donc forcément courte et volatile), mais plutôt d'amour-propre et de ce sentiment vorace que de vouloir être aimer, animé par des envies de chair carnassières et teinté d'une haine de ne pouvoir obtenir tout ce que l'on veut. Le titre est beaucoup plus explicite à ce sujet, ce sont les divagations d'un adolescent bourré d'hormones qui formule clairement pour la première fois ses véritables fantasmes sans tenter de les enfouir dans son subconscient. Il réalise enfin que tout ses désirs ne sont "ni de passage, ni de bien cours orages". Fantasmes qui, bien que se manifestant sexuellement, sont plus du ressort de l'amour narcissique. La déprime post-rupture n'est pas celle causée par la perte de l'être "aimé" mais davantage par la perte de son réconfort émotionnelle : la sensation de plaire et d'être désiré. C'est pourquoi il s'agit d'un menteur. Il n'a jamais éprouvé une quelconque affection pour l'autre ou à la limite de la tendresse. Il "fantasme en secret" car il ne peut avouer,même à lui-même, la véritable nature de sa passion. Il rêve que la personne aimée est enchaîné à son cœur, elle ne peut pas s'enfuir et est esclave de ses désirs. Elle doit entre autre lui rappeler sans cesse qu'elle l'aime pour le réconforter. Surtout, il doit rester le maître dans la relation ainsi le vers "Tu m'emportes ? JE t'emporte !" souligne qu'il est le dominant, il décide des actions de son amante et même de son plaisir. Les vers suivants "Tirant les cordes de ton corset défait, Je joue de la lyre de ton corps blessé" évoque encore cette domination. Tiret les cordes comme les ficelles d'une marionnette que l'on manipule à sa guise. Le corps de son amante est blessé par cette relation toxique aussi bien émotionellement que physiquement. Il a "La bouche entre tes jambes ou peu m'importe." car cela lui importe peu de lui procurer réellement du plaisir, néanmoins le sexe oral - qui autrefois était souvent refusée par ses dames car vu comme "sale" - est utilisé ici car il impose ses envies à la femme, elle lui est soumise. Il y aussi le faite que je suis très porté sur le sexe oral lorsque j'écris du fait de ma propre homosexualité. Enfin, le dernier paragraphe explique assez clairement qu'il sait avant même la rupture, qu'elle va partir. Il ne se sent pas bourreaux mais victime, bien qu'il a tout de même conscience que son amante n'est pas volontairement responsable de sa douleur : "Inconsciente complice de c'qui me fait souffrir." Malgré le départ assuré de sa tendre et chère, il ne peut se résoudre à la voir partir, il ne pense qu'à une chose, le souvenir de son amour "Moi, j'ai en bouche le goût d'un de tes baisers d'or." bien que factice car construit de toute pièce par lui-même et le fait qu'il à forcer beaucoup trop les choses avec cette fille. "Retour à la réalité, l'illusion est brisé" Il sait que tout est faux, mais continu de croire ses propres mensonges.

Poétiquement parlant, je ne suis pas un spécialiste. Je ne sais pas si elle est réellement bien écrite mais à ce jour elle reste ma plus grande fierté. Et pour cause, je crois que c'est la première fois que j'ai réussi à exprimer réellement pleinement mon état d'esprit et ce qui me tracassait. Encore aujourd'hui quand je la lis, je ressens ce que j'avais éprouvé à cette époque. Mais je suis incapable de savoir si les gens comprennent et si l'émotion leur est transmise par la lecture. C'est pour cette raison que j'ai décidé de l'expliquer. Aussi, elle est très inspiré des poésies de Rimbaud. On retrouve la même utilisation et métaphore derrière le "baiser d'or" de Tête de faune. De même "Tirant les cordes de ton corset défait,Je joue de la lyre de ton corps blessé" n'est pas sans rappeler les vers de Ma Bohème "Comme des lyres, je tirais les élastiques De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur !". La raison est qu'en classe de première, moment où j'écrivais ce texte, on étudiais Rimbaud en cours de français et nous avions entre autre réalisé une anthologie poétique. J'adore vraiment ce poète, sûrement un de mes favoris avec Baudelaire et Prévert. Mais contrairement aux deux autres, je me retrouve très facilement dans ses textes. Enfin, le vers "Anadyomène muse, tu me noies de désirs ! Inconsciente complice de c'qui me fait souffrir." sort belle et bien de ma petite tête, mais c'est la deuxième fois que je l'utilise dans une poésie. Initialement écrite dans Lesbos Cantata, je l'a trouve tellement réussite que je les reprises dans un ce poème où elle à davantage sa place. La vénus anadyomène est un thème récurent dans l'art occidental, les poésies et peintures érotiques ou d'amour, et aussi un titre de poésie de Rimbaud. Elle évoque Vénus sortant de l'eau, ainsi elle "noie de désir". En faite, le vers tout entier fait appelle à l'imagerie de l'eau, de l'humide, que ce soit pour évoquer le sexe ou la noyade. En effet, notez les allitérations en "n" qui symbolise les sons sourds de l'eau et la douceur de Vénus (l'Amour) et la suite en "s" pour le bruissement de l'eau qui glisse. C'est aussi un son plus perfide, car le narrateur se noie, il souffre et son berceau d'amour se resserre pour au final l'étouffer.
 
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