Marginal07
Nouveau poète
Au cours de ma vie, j’ai fermé le livre de nombreuses personnes, jeunes et moins jeunes.
À la dernière page de leur roman, je jouais dans leur vie ce rôle funeste qui était d’enterrer leur histoire à jamais.
Ce rôle encore aujourd’hui je l’assume avec amour et grande dévotion.
Lorsque de ma pelle je recouvre leur corps de terre, j’ai souvent l’impression d’ensemencer des rêves ou des semences de rêves qui comme des fleurs s’épanouiront à nouveau au printemps suivant.
Qu’il est douloureux de jeter dans ce dépotoir tous ces corps inertes et sans vie..
C’est mon travail voyez vous.
Souvent je dois enfouir dans la terre de petits cercueils de la taille d’un enfant.
Ces jours là souvent j’éclate en sanglots en jetant sur eux cette terre boueuse mêlée aux larmes de leurs parents inconsolables.
Non! Je ne reste pas insensible aux pleurs des proches qui âprement au bord de cet abîme de l’adieu se laissent aller à leurs émotions les plus vives et les plus déchirantes.
J’ai enterré moi-même la femme de ma vie, celle qui a partagé ave moi durant de longues années mes plus beaux moments de bonheur.
Ce fut pour moi je l’avoue ma plus grande épreuve.
J’aurais tant voulu ce matin là en finir pour la rejoindre.
J’imaginais dans ma tête tous les scénarios possibles pour mon suicide.
Mais j’ai tenu le coup sachant bien que ma femme adorée était en paix désormais.
Je l’ai enterrée un matin en pleurant amèrement.
Mon coeur d’argile mêlé à la terre boueuse de mes émotions sculptait déjà sa statue son épitaphe afin que jamais je ne l’oublie.
Je viens régulièrement fleurir sa tombe..
Depuis ce jour fatidique, je continue mon travail de bourreau.
Je me sens diminué très souvent à cause du regard de tous ces gens affligés par un peine trop lourde, je sais très bien que mon rôle ne leur inspire aucune sympathie...
Mon coeur est aussi rouillé et troué que ma pelle qui a enfoui tant de cadavres.
Je dois hélas jouer mon rôle, c’est mon gagne-pain.
À tous les jours, j’attends pelle à la main ce cortège funèbre qui à la suite d’un corbillard fait la file jusqu’au bord de ce précipice où on descendra dans la fosse un être très cher et sans vie..
Dans une cérémonie d’adieu ils vont déplorer son départ et le pleurer surtout.
Sur sa dépouille des gerbes de fleurs embaumeront son souvenir impérissable sous un parfum aigre mais savoureux..
Souvent j’ai vu des abeilles butiner ces fleurs endeuillées, miel amer de tant de coeurs brisés.
Parfois j’ai maudis ce destin impitoyable qui conduit des êtres innocents et purs dans ce lieu trépassé où j’enterre leur mémoire.
Mais j’ai cette étrange sensation que l’âme des défunts m’accompagne avant leur dernier voyage.
Il arrive souvent que je ressente sur ma peau une douce consolation, une chaleur ou un geste de délicatesse.
Ils semblent comprendre ma douleur mais moi je ne comprends pas leur état de béatitude.
Je perçois souvent l’ombre furtive de leur âme qui s’éloigne de la terre..
Dans mes rêves très souvent ces passagers d’outre-tombe partagent avec moi la nuit leur vision paradisiaque de ce nouveau monde qu’ils habitent désormais.
Qu’il est triste de penser que demain de jeunes gens en pleine croissance de rêves et d’ambitions se retrouverons au cimetière après des obsèques qui les conduira sous terre.
Je suis moi le fossoyeur, l’imprésario de ce funeste drame aussi réel qu’inévitable.
Ah! Que j’en ai enterré de ces jeunes filles rêveuses qui hélas ont abouti dans ce dépotoir de cadavres..
J’entend souvent les confidences de ces amants éplorés qui s’étaient juré fidélité jusqu’à ce que la mort les séparent.
J’ai compris au-travers leur déchirure que la mort jamais ne va séparer des êtres qui se sont aimés profondément.
La mort est l’aboutissement et le renouveau de nos plus belles fantaisies d’amour.
Dans ce nouveau monde où l’absolu est omniprésent nous réinventerons notre histoire..
Ni deuil, ni larmes ni chagrins ne viendront ternir notre réalité.
Nous n’en finirons plus de réinventer notre vie et de procréer surtout..
En attendant je suis là au bord d’un précipice pelle à la main..
J’attends une prochaine victime.
Peut-être demain toi seras tu l’acteur d’un si sombre présage?
Je t’attends au bord du gouffre où d’une dernière pelletée de terre j’enfouirai à jamais ta mémoire sous la terre.
Aux dernières nouvelles en ce long congé de la Saint-Jean Baptiste 5 personnes ont rencontré la mort sur les routes.
La dernière victime habite ma paroisse..
Je l’attends d’ici 3 jours pelle à la main.
À la dernière page de leur roman, je jouais dans leur vie ce rôle funeste qui était d’enterrer leur histoire à jamais.
Ce rôle encore aujourd’hui je l’assume avec amour et grande dévotion.
Lorsque de ma pelle je recouvre leur corps de terre, j’ai souvent l’impression d’ensemencer des rêves ou des semences de rêves qui comme des fleurs s’épanouiront à nouveau au printemps suivant.
Qu’il est douloureux de jeter dans ce dépotoir tous ces corps inertes et sans vie..
C’est mon travail voyez vous.
Souvent je dois enfouir dans la terre de petits cercueils de la taille d’un enfant.
Ces jours là souvent j’éclate en sanglots en jetant sur eux cette terre boueuse mêlée aux larmes de leurs parents inconsolables.
Non! Je ne reste pas insensible aux pleurs des proches qui âprement au bord de cet abîme de l’adieu se laissent aller à leurs émotions les plus vives et les plus déchirantes.
J’ai enterré moi-même la femme de ma vie, celle qui a partagé ave moi durant de longues années mes plus beaux moments de bonheur.
Ce fut pour moi je l’avoue ma plus grande épreuve.
J’aurais tant voulu ce matin là en finir pour la rejoindre.
J’imaginais dans ma tête tous les scénarios possibles pour mon suicide.
Mais j’ai tenu le coup sachant bien que ma femme adorée était en paix désormais.
Je l’ai enterrée un matin en pleurant amèrement.
Mon coeur d’argile mêlé à la terre boueuse de mes émotions sculptait déjà sa statue son épitaphe afin que jamais je ne l’oublie.
Je viens régulièrement fleurir sa tombe..
Depuis ce jour fatidique, je continue mon travail de bourreau.
Je me sens diminué très souvent à cause du regard de tous ces gens affligés par un peine trop lourde, je sais très bien que mon rôle ne leur inspire aucune sympathie...
Mon coeur est aussi rouillé et troué que ma pelle qui a enfoui tant de cadavres.
Je dois hélas jouer mon rôle, c’est mon gagne-pain.
À tous les jours, j’attends pelle à la main ce cortège funèbre qui à la suite d’un corbillard fait la file jusqu’au bord de ce précipice où on descendra dans la fosse un être très cher et sans vie..
Dans une cérémonie d’adieu ils vont déplorer son départ et le pleurer surtout.
Sur sa dépouille des gerbes de fleurs embaumeront son souvenir impérissable sous un parfum aigre mais savoureux..
Souvent j’ai vu des abeilles butiner ces fleurs endeuillées, miel amer de tant de coeurs brisés.
Parfois j’ai maudis ce destin impitoyable qui conduit des êtres innocents et purs dans ce lieu trépassé où j’enterre leur mémoire.
Mais j’ai cette étrange sensation que l’âme des défunts m’accompagne avant leur dernier voyage.
Il arrive souvent que je ressente sur ma peau une douce consolation, une chaleur ou un geste de délicatesse.
Ils semblent comprendre ma douleur mais moi je ne comprends pas leur état de béatitude.
Je perçois souvent l’ombre furtive de leur âme qui s’éloigne de la terre..
Dans mes rêves très souvent ces passagers d’outre-tombe partagent avec moi la nuit leur vision paradisiaque de ce nouveau monde qu’ils habitent désormais.
Qu’il est triste de penser que demain de jeunes gens en pleine croissance de rêves et d’ambitions se retrouverons au cimetière après des obsèques qui les conduira sous terre.
Je suis moi le fossoyeur, l’imprésario de ce funeste drame aussi réel qu’inévitable.
Ah! Que j’en ai enterré de ces jeunes filles rêveuses qui hélas ont abouti dans ce dépotoir de cadavres..
J’entend souvent les confidences de ces amants éplorés qui s’étaient juré fidélité jusqu’à ce que la mort les séparent.
J’ai compris au-travers leur déchirure que la mort jamais ne va séparer des êtres qui se sont aimés profondément.
La mort est l’aboutissement et le renouveau de nos plus belles fantaisies d’amour.
Dans ce nouveau monde où l’absolu est omniprésent nous réinventerons notre histoire..
Ni deuil, ni larmes ni chagrins ne viendront ternir notre réalité.
Nous n’en finirons plus de réinventer notre vie et de procréer surtout..
En attendant je suis là au bord d’un précipice pelle à la main..
J’attends une prochaine victime.
Peut-être demain toi seras tu l’acteur d’un si sombre présage?
Je t’attends au bord du gouffre où d’une dernière pelletée de terre j’enfouirai à jamais ta mémoire sous la terre.
Aux dernières nouvelles en ce long congé de la Saint-Jean Baptiste 5 personnes ont rencontré la mort sur les routes.
La dernière victime habite ma paroisse..
Je l’attends d’ici 3 jours pelle à la main.