rivière
Maître Poète
Composer un poème
Mon instituteur nous ordonna
un jour de mai de composer un poème
sur un sujet de notre choix
à rendre la semaine suivante.
Je demandai conseil
à mes parents qui me dirent, mécontents,
en fronçant les sourcils :
- tu as huit ans, maintenant,
tu es grande,
réfléchis par toi-même !
Dépitée, je renouvelai ma demande
auprès de mes oncles et de mes tantes,
et je me heurtai au même refus obstiné,
les adultes s’avèrent bizarres,
énervants et incompréhensibles,
pensai-je, nous sans raison.
Ils exigent par exemple
que les enfants soient polis
et
ne parlent pas à table,
que j’agisse de même
envers nos voisins ou nos amis,
mais ils critiquent leurs agissements,
la couleur de leurs voitures,
leurs habits et plein d’autres choses
dès qu’ils ont tourné les talons !
En désespoir de cause,
je me rendis
chez ma grand-mère maternelle
au chignon impeccable
et au cœur d’or, afin de trouver conseil
et réconfort,
- va au centre de la forêt de Bercé
à
quelques kilomètres d’ici,
là où les roses parlent aux chevreuils,
me conseilla-t-elle, mystérieuse,
et
tu écriras ton texte
en quelques heures.
Ainsi fut fait.
Je pénétrai
sous les voûtes des arbres,
et leur lançai, malheureuse, à genoux :
- aidez-moi à écrire
des vers, comme vous l’avez fait pour
Ronsard, ses amis de la Pléiade,
et bien d’autres bardes encore.
A mon annonce,
les oiseaux cessèrent de chanter,
Artus, le plus éminent
et le plus éduqué des chênes,
se pencha vers moi,
me tranquillisa,
me prit entre ses branches,
et me déclara :
- promène-toi parmi nous,
ma petite fille,
respire les fleurs,
converse avec les oiseaux,
- tous les êtres vivants,
la sève,
et tu auras bientôt relevé
le défi de ton maître.
Je m’exécutai promptement,
et remportai le jour fatidique
la
meilleure note.
Depuis lors,
mes amies,
je psalmodie chaque jour,
la majesté du Loir,
la
délicatesse de ma mie
et de la Femme
sur le luth des éléments,
car Elle seule
connait
la Beauté et la majesté
des rimes d’azur et de gloire !
Sophie 839
Mon instituteur nous ordonna
un jour de mai de composer un poème
sur un sujet de notre choix
à rendre la semaine suivante.
Je demandai conseil
à mes parents qui me dirent, mécontents,
en fronçant les sourcils :
- tu as huit ans, maintenant,
tu es grande,
réfléchis par toi-même !
Dépitée, je renouvelai ma demande
auprès de mes oncles et de mes tantes,
et je me heurtai au même refus obstiné,
les adultes s’avèrent bizarres,
énervants et incompréhensibles,
pensai-je, nous sans raison.
Ils exigent par exemple
que les enfants soient polis
et
ne parlent pas à table,
que j’agisse de même
envers nos voisins ou nos amis,
mais ils critiquent leurs agissements,
la couleur de leurs voitures,
leurs habits et plein d’autres choses
dès qu’ils ont tourné les talons !
En désespoir de cause,
je me rendis
chez ma grand-mère maternelle
au chignon impeccable
et au cœur d’or, afin de trouver conseil
et réconfort,
- va au centre de la forêt de Bercé
à
quelques kilomètres d’ici,
là où les roses parlent aux chevreuils,
me conseilla-t-elle, mystérieuse,
et
tu écriras ton texte
en quelques heures.
Ainsi fut fait.
Je pénétrai
sous les voûtes des arbres,
et leur lançai, malheureuse, à genoux :
- aidez-moi à écrire
des vers, comme vous l’avez fait pour
Ronsard, ses amis de la Pléiade,
et bien d’autres bardes encore.
A mon annonce,
les oiseaux cessèrent de chanter,
Artus, le plus éminent
et le plus éduqué des chênes,
se pencha vers moi,
me tranquillisa,
me prit entre ses branches,
et me déclara :
- promène-toi parmi nous,
ma petite fille,
respire les fleurs,
converse avec les oiseaux,
- tous les êtres vivants,
la sève,
et tu auras bientôt relevé
le défi de ton maître.
Je m’exécutai promptement,
et remportai le jour fatidique
la
meilleure note.
Depuis lors,
mes amies,
je psalmodie chaque jour,
la majesté du Loir,
la
délicatesse de ma mie
et de la Femme
sur le luth des éléments,
car Elle seule
connait
la Beauté et la majesté
des rimes d’azur et de gloire !
Sophie 839