• Visiteur, merci de ne pas poster plus de 5 poèmes par jour. Ceci dans le but d'améliorer la visibilité du site.

CHOC

lapoeteamateur

Nouveau poète
Notre vie était rythmée par notre amour et nous devions échanger nos voeux durant l'été.
Un matin, ensoleillé, bras dessus bras dessous, le coeur léger, nous sommes sortis,
Voulant profiter de la tiédeur de l'air, désireux de laisser libre cours à notre gaieté,
C'était l'occasion de repasser en boucle le futur évènement de notre vie.
CHOC, ça claque, ça cogne : mon corps soulevé du sol sous la force du coup,
Se retrouve projeté en arrière et s'écroule en craquant sur le trottoir dur et brulant,
Je sens ma peau se déchirer, mes os s'éfriter, ma tête taper et s'enfoncer dans mon cou,
Mais je me suis vivante puisque j'ai mal. J'entends des pas autour de moi, des hurlements,
J'arrive pas à ouvrir les yeux, je sens un liquide chaud couler sur mon visage meurtri,
Provoquant une brûlure sur son passage. Je gémis, je voudrais tenter un mouvement
Mais mon corps s'y refuse. Je devine un attroupement autour de moi et je me dis
Que tu dois être parmi ces ombres, impuissant, et que les secours vont arriver rapidement.
Je parviens à entrouvrir un oeil et ma main valide essuie le liquide chaud et poisseux qui glisse,
Je réussis en grimaçant à tourner la tête pour voir ton visage dans cette foule qui m'entoure,
Mais je te vois pas, je t'entends pas. Il faut que je bouge, je dois savoir et je pousse sur mes cuisses
Pour relever cet amas de chair qui ne veut plus répondre aux ordres mais qui obéit à mon amour.
CHOC, ça claque, ça cogne : c'est dans ma tête que ça se passe, j'aperçois sur la route,
Un corps recroquevillé, rougi : non ça ne peut pas être toi, on marchait, tu tenais mon bras,
Et c'est moi qui suis tombée, il faut que j'avance pour éteindre cet affreux doute,
Alors, retenant mes cris de douleurs, la respiration cahotante, je rampe, je me traîne, je me débats.
Des mains veulent me retenir, ma peau s'arrache à chaque glissement, l'odeur de mon sang
Me donne envie de vomir mais dans un râle je touche des doigts un bras curieusement plié.
Mes yeux absorbent l'image de ce membre et mon cerveau encore vivant comprend à cet instant
Que ce corps : CHOC, ça claque, ça cogne, c'est celui de mon doux amant.
J'attends, tétanisée, le moindre signe de vie, un souffle, un mouvement, mais il n'y a rien,
Mes doigts s'enfoncent dans ta chair ensanglantée voulant t'arracher un cri de douleur,
CHOC, ça claque, ça cogne : Tu es là, tu étais là, tu n'es déjà plus là, parti loin
Et moi, vivante, avec un hurlement animal, arrachant ma poitrine, ma gorge et mon coeur.
J'ai perdu conscience, la vie, l'amour ce matin ensoleillé et me suis réfugiée dans le silence
De l'autisme. Le personnel soignant est gentil, je fais des dessins et parfois j'emporte mon esprit
Dans nos souvenirs avant le CHOC qui claque, qui cogne : qui m'a fait don de ton absence,
CHOC qui claque, qui cogne : je suis morte avec toi ce matin là, emportée par la folie.
 
Dramatique... Saisissant... Percutant... Amicalement.
 
Retour
Haut