Legende
Nouveau poète
C’est votre temps facteur ?
Six heures du matin, la goule enfarinée,
L’œil un peu raccourci, comme ma pauvre nuit,
Je rejoins mes compères au chantier des paquets,
Pour trier les colis en baillant sous l’ennui.
Sept heures du matin, la goule chiffonnée,
Avec un gros soupir je file à mon casier,
Pour danser la gigue au fil des lettres timbrées,
Et petit à petit prend forme ma tournée.
Huit heures du matin, la goule rassurée,
Je décase le tout, entourées d’élastiques,
Les bottes de courrier pressées en rang serré
Dans les caisses, je pousse mon "roule-pratique".
Et dans la cour obscure au cul de ma voiture,
Dans le vent et le froid, la pluie ou bien la neige,
Je charge mon travail, j’enfile mon armure,
Veste, casquette et gants, du bleu en florilège.
Six heures du matin, la goule enfarinée,
L’œil un peu raccourci, comme ma pauvre nuit,
Je rejoins mes compères au chantier des paquets,
Pour trier les colis en baillant sous l’ennui.
Sept heures du matin, la goule chiffonnée,
Avec un gros soupir je file à mon casier,
Pour danser la gigue au fil des lettres timbrées,
Et petit à petit prend forme ma tournée.
Huit heures du matin, la goule rassurée,
Je décase le tout, entourées d’élastiques,
Les bottes de courrier pressées en rang serré
Dans les caisses, je pousse mon "roule-pratique".
Et dans la cour obscure au cul de ma voiture,
Dans le vent et le froid, la pluie ou bien la neige,
Je charge mon travail, j’enfile mon armure,
Veste, casquette et gants, du bleu en florilège.
Huit heures et quelque chose, après un chocolat,
C‘est le temps de partir sillonner les chemins,
De vous sortir du lit, d’en jubiler tous bas,
Le temps de labourer vos pelouses et jardins.
C’est le temps d’inonder vos boites de fatras,
Publicité, facture, amende ou relevé de banque,
Des « vous avez gagné… », des « mots doux » de l’état,
Une carte postale, un doux bleu de calanque,
C‘est le temps de partir sillonner les chemins,
De vous sortir du lit, d’en jubiler tous bas,
Le temps de labourer vos pelouses et jardins.
C’est le temps d’inonder vos boites de fatras,
Publicité, facture, amende ou relevé de banque,
Des « vous avez gagné… », des « mots doux » de l’état,
Une carte postale, un doux bleu de calanque,
Et d’entendre ces phrases, ô combien agaçantes
Dont vous nous bassinez toute la matinée,
« Si c’est une facture… » obsession lancinante,
« C’est votre temps facteur » quand vous dégoulinez…
Et le « Z’allez pas manger la soupe à midi »
Des chtis vieux rigolards qui se foutent de vous,
Et vous offrent pourtant tomates ou radis,
La goutte ou le café, et leur avis sur tout.
Mais surtout leur sagesse au cœur, leur bel amour,
De la terre et des heures ou la vie était rude
Mais si belle et si vraie qu’on voudrait à rebours
La vivre tout comme eux, comme une plénitude.
Et ce sont ces rencontres au fil de ma journée,
Ces grands morceaux de vous, ce généreux partage
Qui me donnent envie et me font continuer,
De vous sourire encore et de garder courage.
Dont vous nous bassinez toute la matinée,
« Si c’est une facture… » obsession lancinante,
« C’est votre temps facteur » quand vous dégoulinez…
Et le « Z’allez pas manger la soupe à midi »
Des chtis vieux rigolards qui se foutent de vous,
Et vous offrent pourtant tomates ou radis,
La goutte ou le café, et leur avis sur tout.
Mais surtout leur sagesse au cœur, leur bel amour,
De la terre et des heures ou la vie était rude
Mais si belle et si vraie qu’on voudrait à rebours
La vivre tout comme eux, comme une plénitude.
Et ce sont ces rencontres au fil de ma journée,
Ces grands morceaux de vous, ce généreux partage
Qui me donnent envie et me font continuer,
De vous sourire encore et de garder courage.