CERVEAU EN FOLIE
Avez-vous songé que cette masse molle et flasque
A l’inconsistance de quelques mille trois cent grammes
Peut brusquement « beuguer » et engorger les vasques
De notre entendement et de notre âme ?
Avez-vous songé que ce « truc » gélatineux
Situé au sommet du crâne
Peut avant l’âge nous transformer gâteux
Et bien plus stupide qu’un âne ?
Cette matière grisâtre recouverte de vaisseaux
Enferme notre mémoire, nos connaissances,
Cette « chose » si fragile protégée par des os
Peut à tout moment jouer de contredanse,
Nous plonger dans une douce ou furieuse folie,
Ne serait ce que par une déconnection brutale
De quelque simple anesthésie
Et la cervelle se couvre d'un voile…
J’étais devenue pour lui une inconnue,
J’ai entendu des phrases, des mots incongrus,
J’ai en ses yeux découvert l’égarement,
J’ai en ses mains senti les tremblements…
Lié, ligoté en ce lit d’hôpital
Il n’a pu comprendre l’infernal…
Je me suis dit que dans ce sommeil artificiel,
Un être, un démon ne venant pas du ciel
C’était introduit subversivement
En sa vie, en ses dépens…
Essayer de le ramener vers la conscience, le raisonner…
En vain… peut être l’exorciser ?
Et puis soudainement il s’est « réveillé »
Sans souvenance de ces poignantes journées,
Comme si il n’avait pas vécu la folie
Il a retrouvé le fil de sa vie…
Le cerveau est bien peu de chose,
Un rien pour qu’il ne s’abause…