totora
Nouveau poète
« Il jouissait à sentir ses os se briser, pour lui c’était un jeu, et il se sentait vivre. Il se disait à chaque fois, qu’il n’allait pas recommencer, tu comprends, la peur de mourir. Et cependant, il continuait de sauter. Ce gars là c’est moi, et je suis assis sur le bord de la falaise, et je ronge mes ongles. J’attends que le soleil soit à son zénith, par souci d’éclairage. Je ne veux pas mourir dans l’ombre, si cela arrive. En attendant je compte les secondes, je pleure, ou je regarde les papillons. Ils me font rire avec leurs airs cons, nous sommes le… Non en fait je ne sais pas, et j’en ai rien à foutre, mais il faut parfois faire semblant de s’intéresser aux choses, genre… Toi-même, le futur, ou d’autres conneries que j’ai arrêté d’écouter depuis bien des semaines déjà, Vas y lâche moi maintenant, je n’ai pas besoin d’une « interview », genre « dernier mots avec la tombe », je ne vais pas mourir, je me porte bien, et puis ce n’est pas comme si je n’étais pas déjà tombé d’une falaise. A force de chuter, on s’y habitue et on y prend goût. Jolie la métaphore non ? C’est plaisant en effet… ça seconde un peu l’inconscience de la chose. Et puis ça me change les nerfs, je suis un peu à cran en ce moment, les chutes me font plus mal aux dos, aux jambes, je ne suis pas fait pour retomber sur mes pieds de toute façon, et une chute sur ses pieds… ce n’est pas trop une chute tu ne crois pas ? Ou bien ça lui fait perdre son intérêt, dans ce cas autant marcher, mais en marchant il ne t’arrive rien, ou presque. »
Cassure.