• Visiteur, merci de ne pas poster plus de 5 poèmes par jour. Ceci dans le but d'améliorer la visibilité du site.

Carne

Anchora

Poète libéré
Je veux défigurer ce corps.
Tu as eu le courage de me laisser pousser ce cri,
Le courage de partir sans un seul regard,
Mais tu n'as pas eu la force de saigner ce cœur.
C'était pourtant si facile, avant, après,
Mais tu as bâclé la découpe jusqu'à la fin.

Je veux défigurer ce corps.
En secret, j'espère que tu cauchemardes,
Pendant que je cisaille cette bidoche,
Mais parfois j'imagine que tu le vis bien…
Que d'autres ont eu le morceau de choix,
Alors je poignarde ce fichu steak.

Je veux défigurer ce corps,
Qu'il ressemble à ton image brouillonne.
Que tout ce que je ressens s'y lise en braille,
Sur la couenne, du ciel jusqu'aux enfers.
Cette viande devient chaque jour une œuvre d'art,
Une carcasse froide pendue à ton effigie,
Et l'idée me plaît beaucoup.

Je veux défigurer ce corps,
Lacérer la chair de ta chair,
Voir se gâcher le sang de ton sang.
La morsure du couperet est agréable… mais temporaire.
Alors, j'élargis la zone de parage,
La main devient plus sûre sur le hachoir,
Mais je sais qu'un jour, il faudra enfoncer le crochet.

Je veux défigurer ce corps, écarter ses chairs.
Ainsi, à force d’entraînement, j’aurai la main sûre
Pour sectionner cette ligne de vie putride
Qui fait battre ce cœur chimérique malade
Que tu m’as donné et que j’abhorre tellement.
 
Ce poème est cru mais je trouve qu’il dépend le rejet de l’identité avec une sincérité brute comme une photo prise à un moment donnée qui capture un moment unique… mais, je comprendrais qu’il soit supprimé car il parle de choses taboues
 
Retour
Haut