Fysco
Maître Poète
L’ombre noire emplit le ciel, les nuages gris
S’amassent sur l’onde qui gonfle et s'obscurcit.
L’orage approche et le vieux cargo déjà geint
En écho des chuintements et sifflets du grain.
D’un coup la mer déchaînée s’ouvre et rejaillit
Contre les flancs du pauvre navire alourdi,
Lance dans un galop redoutable et dément
Ses buffles endiablés, ses étalons d’argent.
Dans d’énormes tertres d’eaux sinistres, glacés
Le rafiot trépidant roule, tangue, bondit.
S’éparpillant en milliers de gouttes brassées,
La bourrasque tord les structures décaties.
La coque craquette et crisse aux chocs de l'acier.
Frissons de métal, ferrailles suppliciées.
Les nuées torturées de mouvantes lacunes
Rempliraient d’épouvante marins de lagune.
La barre folle qu’il tient d'une main de fer,
Les yeux luisants, le capitaine voit l’enfer.
Soudain rassuré son visage s’illumine
Au ronflement sourd de ses puissantes machines.
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