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candia

pwidson

Nouveau poète
Un oiseau survola Celicourt avant de venir tournoyer au-dessus de la tête de Widson. Celui-ci se mit à chanter doucement, puis de plus en plus fort, mais cessa de peur d'être ridicule. Il traversa le zoo, et bizarrement sourit au lion qui le regardait d'un œil morne. Plus vite qu'il ne l'aurait pensé, il se retrouva devant la porte. Il frappa énergiquement. Des pas se firent entendre, et une angélique voix chanta: - Qui est là? - C'est Widson! Répondit celui-ci. - Je ne connais aucun Widson! Dit la voix. Il y eut un silence. - C'est toi, Kendia? Fit Widson. La porte s'ouvrit soudain: - Mais oui c'est moi, mon Widson! Je t'ai bien eu. Il allait protester, mais elle ne lui en laissa pas le temps: - Entre, dit-elle. Arrivé au salon, Widson s'assit dans un fauteuil et soupira. Il leva la tête vers Kendia, et lui sourit. - Tu vas bien? - Embrasse-moi immédiatement. Ordonna-t-elle. Widson, prit au dépourvu, voulut comprendre, mais son amie ne lui en laissa pas le temps puisqu'elle se jeta sur lui et l'embrassa langoureusement. Lorsqu'elle se redressa, Widson vit ses yeux qui brillaient. Alors, sans mot dire, il se pencha vers elle, et à son tour, posa ses lèvres sur les siennes. Pour la seconde fois de leur histoire, donc, ils s'embrassèrent. Puis Widson approcha sa bouche de l'oreille de son amie et chuchota quelque chose d'imperceptible. Soudain, une larme coula sur la joue de Kendia. - Moi aussi, je t'aime, dit-elle. - Depuis déjà trois semaines que ton sourire illumine mes rêves, j'ai toujours su que c'était toi l'amour de ma vie. Et ce, malgré mes aventures passées. - Oh... c'est bien vrai? - Oui, c'est vrai. - Mon cœur... ce que tu me dis, c'est la chose la plus belle que jamais je n'ai entendue. Tu es aussi tendre à l'intérieur qu'à l'extérieur. Widson rougit. Il se sentait bien. Au loin, un Onega-régresse criait. Tout près, son cœur battait. Là-bas le jour passait... ici, tout était arrêté. - Embrassons-nous encore... souffla Widson. Ils s'embrassèrent donc. Au loin, on entendait ''Hello'' de Beyonce. D'où cela venait-il? Quelle importance, du moment que c'était là. Bientôt, la musique, l'amour, les entraînèrent dans un tourbillon sans fin. Il n'y avait plus de plafond, plus de mur. Celicourt était loin. Ils virent passer un sapin, au dessous d'eux. Puis deux. Maintenant, ils étaient sur la mer. Ils frissonnèrent... était-ce le vent qui s'était levé et qui faisait frémir un peu leur peau? Quelques nuages voilèrent le ciel. A mesure que les notes s'envolaient, la musique devenait de plus en plus belle, et le ciel de plus en plus gris. On se serait cru dans un tableau d’ Art Easy. Des larmes de joie dans la voix, la musique jouait. Quelques gouttelettes de pluie vinrent alors troubler cet océan, tels des pizzicatos que le vent sifflant emportait au loin avant de les renvoyer à la figure des amoureux. Après quelques instants les gouttes grossirent, s'écrasant lourdement sur la surface de l'eau. Kendia, que la folie saisissait, se voyait Mourir au milieu des éclairs... Plus la musique jouait plus le temps s'agitait, plus le ciel s'assombrissait, plus les vagues grandissaient, se brisant bientôt contre leurs pieds dans une explosion d'écume crépitante, poussées par des bourrasques assassines... leur baiser dansait sur cet air tourmenté, cet océan symphonique, cet opéra dramatique, les vagues étaient à présent immenses et la pluie tranchait le ciel plus sombre que la plus noire des nuits, c'était affreusement grand et terriblement beau, si beau que ça faisait mal, la musique hurlait sa douleur, de plus en plus fort, les notes tourbillonnaient, le vent devenait tornade, les vagues devenaient rouleaux, les amants tournoyaient, autour de leurs bouches, autour de leurs mains... et tout s'arrêta soudain. - Je voudrais t'épouser, dit Widson. Kendia tressaillit. - Pardon? - Je t'aime. Je veux t'épouser. Veux-tu être ma femme, Kendia?... Leurs lèvres tremblaient. - Oui! Murmura-t-elle. Ils discutèrent toute la nuit. Ils parlaient de tout, de rien. - Tu sais, c'est drôle, dit Kendia, car hier matin, Oswald Durand a tenté de me séduire. - Non, c'est vrai? - Oui, et comme je lui disais que c'était toi, l'amour de ma vie, il m'a répondu que je perdais mon temps et que je serais bien plus heureuse avec lui. - Ça ne m'étonne pas de lui, il a toujours essayé de gâcher ma vie privée. - Heureusement je lui ai dit ceci: ''Le jour où tu seras un tant soit peu civilisé, mon petit bonhomme, tu apprendras que mon Widson est plus galant que n'importe qui. Et tu ne lui arrives pas à la cheville.'' Puis ils se promirent de s'aimer éternellement, et l'éternité commença pour eux.
 
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