Merci qu’aujourd’hui fut-ce qu’un songe Donnât à la pelle valeur à peine souhaitée Que demain réserve le subtil rouage ? Cette nuit souveraine, comme un rien, se propage. Un jour de plus, une lueur de moins. L’éclat de joie rapide, puis aspire chagrin Depuis son trou petit mais sans fond Quelle angoisse ! quelles nuées Froides qu’il prédit Glacées images à vous en figer l’âmes Juste de peur ! juste d’esquisses ! Tant qu’on survole sans défaillir. Tant que le fil reste solide Ou le pied frêle encore s’appuie. Il happe le ravin ! la terreur ! le vertige ! Tout tient maintenant mais dans rien qu’un instant, peut-être. Le creux. Le creux sinistre et nauséabond. Le précipice cruel de la fatigue. Les cœurs, leurs cris, à la dérive. Le tourbillon des regards et du temps. La joie surplombe la paix, chavire et disparaît. Il est calme l’oubli, mais pas assez complet Ni même sélectif. Il empoigne ! c’est tout. Que reste-t-il à ces huées ? Que garde-t-on de ces buées Où l’on écrit son nom ?