Juste Lenoir
Maître Poète
Le monde dévore, mange, le monde étouffe
La nourriture céleste est d'aimer autrui
La vie terrestre est de s'empiffrer sans souci
Si certains avalent quand l'autre ne peut pas
Si certains s'alimentent de ce qui bien lui va
De ce paysage le combat est de bouffe
Je te boufferais
De la tête aux pieds
Je te boufferais
Si je le pouvais
Je te boufferais
Entièrement la chair
Je te boufferais
Si je le savais faire
De la tête aux pieds
Ce succulent repas
Serait pour moi
De la tête aux pieds
Je prendrais
Toute ton humanité
Je te boufferais
Par petits morceaux
Je te boufferais
Et je ne lâcherais pas ce lot
Je te boufferais
Selon mes goûts culinaires
Je te boufferais
Peut-être aussi ton père ta mère
Par petits morceaux
De ta tête d'imbécile
Je déjeunerais et j'en jubile
Par petits morceaux
De ton corps si doux
Je ferais un ragoût
Par petits morceaux
Tes jambes et bras
Feraient un excellent encas
Par petits morceaux
Tes légers pieds
Je dégusterais en souper
Mais moi je ne suis pas cannibale
Je ne souhaite pas faire de mal
Je suis un sensible humain
Qui ne veut pas participer à ce festin
Mais moi je ne suis pas cannibale
Je suis un être gentil et jovial
Qui se dégoute de tant de saveurs
Quand tout se croque en malheur
Mais moi je ne suis pas cannibale
Je savoure tranquille ma vie bien banale
Ce rêve de buffet n'est qu'une vive imagination
Que vienne prochaine bonne pitance aux populations