Regalline
Maître Poète
A Vous,
Monsieur, quand la nuit est venue
Que l’air en chaleur a gémi
Que sous le ciel, à demie nue,
Mon corps périt de vous, ami ;
Au moment où mon cœur s’émiette
Se confie tant au soir de mer ;
En cette heure, si vaguelette
De mon regard à l’outre mer ;
Quand tout devient onde et silence
Autour de moi, temps suspendu :
Ô Monsieur, élan immense
Que fait votre air au vent ému ?
Qui sait ? Penser à vos attentes
De quelque fortune en crédit
A tout ce qui fait vigueurs lentes
Et la réalité en sursis ;
Qui sait ? Souffrir de vos rêves
Qui ne déposent que des souris ;
De soifs de vies en ondes brèves
Qui refusent les temps péris
Alors si en ce long soir se verse
Tout de vos liens au temps dissipé,
Si d’un clarté, votre cœur se déverse
Il rejoindra mon air au temps échappé.
Nos confidences au crépuscule
Se raviront du tendre lieu
Qui livre bleue la raie minuscule
Au flot du vrai en son milieu.
Et ce sera pour vous peut- être
Le parfum fin du temps serein
Qui trouvera en moi peut-être
L’heure d’attente qui fait demain…