Plus de bougies tu ne souffleras, De ton anniversaire plus aucune joie, Plus de cadeaux tu ne demanderas, Plus de fêtes, et de rire sans toi. Chaque année est plus lourde à porter, Chaque jour le temps semble reculer Revivre chaque instant cette terrible journée Où le soir tu me fus enlevé. Emportée par le tourbillon de la vie Poussée par là bas, tirée par ici, Faisant semblant de taire ces cris Restée à quai, à tout jamais anéantie. Noyée par le chagrin, chavirée par la peine, De ce chantier dévasté, rien n’est apparent, Malgré les épreuves rester sereine, L’on me croit forte, quand je suis agonisant. Enfermée dans ce rôle imposé, d’épouse et de mère, Pansant cette plaie par de vagues chimères, Mon esprit s’éloigne, je le sens, je le perds Dans ce souvenir de mon fils que je serre. Bercée par ses douces comptines, Chantonnée autrefois, ta tête sur ma poitrine La folie en moi plante ses racines, Lentement, dans mes veines coule sa toxine