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Annie mal tu me fais (ou l'amour vache !)

THEOREM1

Nouveau poète
Annie mal tu me fais

Comme elle a un caractère de chien bien trempé, le misanthrope faisant sien le proverbe « plus tu connaîtras les hommes, plus tu aimeras les animaux » en tombe éperdument amoureux.

Il l’épouse et leur vie se passe naturellement à couteaux tirés et ils s’entendent comme chien et chat. Il aurait préféré de loin qu’elle soit plus chienne dans leur intimité pour lui passer de temps en temps un collier d’argent et la promener en laisse pour avoir l’illusion l’espace d’un instant qu’il pourrait être le maître du jeu. Mais, il la trouve parfois si magnifique et c’est là tout son dilemme : il l’aime !

Entre chien et loup, Jules lui adresse pourtant souvent cette vaine prière :
- Même si l’amour est aveugle, ne me prends pas pour une taupe, Annie mal tu me fais, moi, j’espère quelques Marthe d’affection, un peu de Clémence en toi ! Pour nous Désiré, nous Aimé et redevenir de vrais Amand à l’Aude d’un nouveau jour car je t’aime en vers et contre tout.

Mais Annie la balaye d’un même coup de patte revêche :
- Tu n’es qu’un âne !! dégage de là sacré bourrique !

- Cette fois, ça va bien, tu vas enfin m’écouter, lui dit Jules avec l’énergie du faible désespéré. Désolé de te demander pardon, mais je crois bien que l’âne comme animal buté : c’est toi ! Avec toi, Annie mes maux sont trop nombreux. Tu es mon enfer sur Terre. Je ne supporte plus que tu me vexes, me piaffes, me taloches, que tu me méprises, tu me tueras un jour d’un coup de patte revêche et tu m’arracheras le cœur de ergots de vautour. Malgré que tu me traites comme un Annie-mal, que je t’aime toujours et que j’aime ton corps beau et ta peau lisse, il n’y a que tes formes qui soient généreuses. Tu es, par ailleurs, myope en ne voyant rien venir car je vais voler de mes propres ailes et allez découvrir des Sylvie plus charmantes.
Moi, un jour, ce serait un réel plaisir de ne plus casser la graine en face de toi ! Tu me reverrais quand les poules auront des dents, cela te laisserait le temps de perdre toutes tes dents dures. Je n’aspire plus qu’à une vie plus chouette et je te dirais coucou, bye-bye !!
- Bon vent ! fous le camp Peau de Vache ! t’es laid comme un pou, fainéant comme une couleuvre et hypocrite comme un chat et dans une heure tu ne te souviendras même plus de ce que tu m’as dis avec ta cervelle de moineau. Mais moi, je n’oublie jamais rien. Tu n’es qu’un pauvre zozo !! Qui ne vaut pas un clou.

Des dialogues de ce style, il y en eût beaucoup être eux , sans que Jules ne tourne les talons ; car redoutant encore plus de se retrouver seul pour faire face à l’inconnu avec sentiment mêlé d’amour et de haine, il n’y voyait plus bien clair dans sa tête.
Cette Annie pensait cause toujours beau merle. Elle savait que pour qu’il parte, il faudrait que ce soit elle qui le jette dehors.

Cependant, c’était lui le seul propriétaire de leur maison et c’est bien évidemment qu’elle à terme se retrouverait à la rue. Ceci était le plus grand frein à toute initiative pour le mettre à la porte de chez lui, ce serait en effet un gros paradoxe.

AH ! Quelle chienne de vie,
Quand on est mal assorti !
 
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