Parce que tout meurt un jour pour renaître un matin.Parce que la vie n’est long et pluvieux chemin ;
Parce que la vie n’est qu’une créature immonde et meurtrière ;
Parce que la vie fut aussi une belle prière.
Parce que un soir, sous la lune, avec volupté elle part ;
Parce que toujours et même si je souffre, je veux croire ;
Parce qu’ici-bas, il n’y a pas plus grand plaisir, que de voir un sang vermeil ;
Parce que, ô mes chers, Il est beau et douleur, mais que l’Amour n’est pas éternel.
Car, oui, la vie est un fléau mais on y tien ;
Car, à jamais, pour nos cœurs l’Amour est une faim.
Car quand on l’a perdu, on stoppe la cadence,
Et qu’à jamais, un cœur ses blessures on ne panse.
Pour tout cela, ô pauvres hères, je vous le dit,
Et cela est peut être blasphème mais c’est ainsi :
Le cantique que chante l’œil sous le suave plaisir,
Est, à jamais, la volupté, la damnation et le désir.
Alors offrez de vos roses l’holocauste sacré,
Et en bas de l’enfer apprêtez-vous à être damnés ;
Car l’être aimé est pour l’éternité votre fardeau,
Mais tant qu’il est près, il est le bashert de vos mots.
Car l’Amour, certes, reste un fléau mais qu’il n’y a pas plus beau présent,
Ainsi, faîtes à cette chose un usage impie ; il est unique désirable, prenant…
Mais n’oubliez pas, Homme enchainé, qu’il est éphémère ;
Et qu’un matin seul dans ton alcôve, il s’est retiré sans bruit comme la mer.
Oui, est-ce l’amour qui nous crée ou nous qui le créons ?
Tel est un grand mystère qui restera sur Terre…
Alors, peut-être faut-il renier l’amour, fuyons,
Mais, il faut souffrir encore, pour le revoir sur les rives du Caire.
Aimez tant que vous le pouvez car trop tôt, il vous est enlevé,
Et pourtant, vous ne vous en rendez compte qu’à la fin ;
Vous vous retrouvez les yeux plein de larmes, sanglotant, solitaire, c’est le bout du chemin ;
Alors Aimez, rêvez, dansez, embrassez car un jour vous mourrez.