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Amitié mal accordée

THEOREM1

Nouveau poète
Amitié mal accordée

Avec ses amis, à la vie, à la mort,
Ils se comprennent d'un geste, d'un regard.

Comme l'amitié est le plus précieux des trésors,
Ce doux soleil, sous nos cieux si ternes, doit éclore.


Mais avec un « e » en trop qui se révèle
Du plus p(e)tit orteil au sommet des hanches, vient
S'épanouir sur une accorte poitrine couronnée
De deux fraîches corolles rosées et s'achève
Dans l'éclat si rare, si envoûtant d'yeux bleutés.
Dessinant en courbes légères, en creux délicieux,
La beauté rayonnante d'un corps majestueux.
Elle était Belle ! Belle, Belle,
Avec des astres, la force attractionnelle.


Ses rayons réfléchissant, en lui, l'éblouissent,
Ce trop grand soleil là, lui brûle la cervelle.
Et les yeux mis sur orbite arc-en-ciel bleu soleil,
Des idées, des projets, des rêves plein la ruche,
Il dévie, veut décrocher la lune ... la lune de miel :

Elle serait, d'une vie toute radieuse : SA REINE,
Faisant mouche plein coeur,
Lui, l'ouvrier butineur,
L'auguste protecteur,
Le vaillant lutineur,
L’happy-loveur,
Mort d'un amour vainqueur,
Pour cette abeille, cette douceur,
Après délectation du miel de la vie,
Dans une constellation de plaisirs.

Ce « e » d'amie lui fait tant de bosses et l'ulcère,
Se cogne aux bribes de raisons de sa tête hallucinée,
Met en branle sa lucidité vampirisée :
Rêvant d’échanger sa virgule contre cette douce
Voyelle muette et féline pour ne pas la perdre.
Ce fil d'Ariane rompu, pourtant, par son étoile
Filante, fuyante, cet inaccessible diamant :
Eclairée des mille feux de son regard en effusion.
Elle, si charmante, si brillante ! si irradiante !
Cet astre aurait pu chauffer son âme toute sa vie
Au moins et, quand elle s'éclipsa ce fut le désastre,
Il se retrouva comme l'hélianthe (1) sans soleil.


Il retomba sur terre dans un profond bourdon,
Mais aucun pleur ne libéra sa douleur.
Cette voyelle maudite, l'a fait basculer, tomber,
Aspiré par un trou noir, un vide absolu ;
Les divisant en deux sexes opposés, retranchés.
Reste ce « e » en trop parce que c'est elle,
Parce que c'est lui !
Deux trajectoires d'orbites malchanceuses :
C'est la vie !
Le petit voyage des deux poussières d'étoiles.
Un « e » entre eux c'est foutu ......
C'est foutu ! totalement foutu !
Le grand soleil s'est éteint à la vie, à la mort.
Reste un rêve d'amitié esquisse, frôlé,
Puis avorté ; satellisé d'amour sans retour.
Reste le souvenir de bons moments partagés.
Reste une brûlure à cicatriser chaque jour.
Reste tous leurs amis à la vie, à la mort,

Comme toutes les amitiés sont de précieux trésors,
Ces doux soleils, sous nos cieux si ternes, doivent éclore.


Texte déposé


(1) tournesol
oOo
Ceux qui retranche l'amitié de la vie semblent ôter le soleil du monde.
Cicéron

Sur le chemin de l'amitié ne laissez pas croître l'herbe.
A. P. Dutramblay

Il ne faut choisir pour épouse que la femme qu'on choisirait pour ami, si elle était homme.
Joubert

Pieusement noué d'un bout de vos dentelles,
J'avais, sur ma fenêtre, un bouquet d'immortelles
Que j'arrosais de pleurs en souvenir de vous...
Je m'en vais les offrir au premier mort qui passe,
Les regrets éternels à présent me dépassent :
Le vingt-deux septembre, aujourd'hui, je m'en fous.

Désormais, le petit bout de coeur qui me reste
Ne traversera plus l'équinoxe funeste
En battant la breloque en souvenir de vous...
Il a craché sa flamme et ses cendres s'éteignent,
A peine y pourrait-on rôtir quatre châtaignes :
Le vingt-deux septembre, aujourd'hui, je m'en fous.

Et c'est triste de n'être plus triste sans vous.

Extrait « Le 22 septembre » de Brassens
 
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