Allongée sous la nue...
Allongée sous la nue, je me laisse dériver vers la horde nuageuse,
Mon âme s'élève doucement aux cieux teintés de blanc cotonneuxOù chante au souffle du vent, un joli concerto parfois ombrageux.
Du regard je reconstitue l'immense puzzle de cette vie mystérieuse...
Je joue avec les formes titanesques du tableau aux tons opalescents,
Mon corps voyage dans l'astral puis s'attarde sur les monts célestes,
Planant au-delà du monde perdu dans ces joies aux issues funestes...
Je tourne, légère et immatérielle, emportée par cet immense courant...
Parmi les herbes fraîches et tendres j'inspire les parfums de la vie,
Mon corps s'y alanguit, aux essences délicates s'en trouve embaumé...
Dans l'alentour s'exhalent des notes soutenues de menthes poivrées,
Se mêlant à celles de camomilles et de grands tilleuls à peine fleuris...
Tout à coup, les arbres s'éveillent, frémissantes ramures sous le vent.
Les oiseaux se terrent en silence tout au fond de leurs nids douillets,
Attendent serrés l'un contre l'autre la divine colère, un peu inquiets
Mais bien décidés à tenir tête aux attaques sournoises des éléments...
Déjà sur l'horizon de gigantesques moutons parés de gris impurs,
Préparent une symphonie sur toile dantesque aux tempos d'orage,
Vite, il me faut ramasser mes écrits, me mettre à l'abri du saccage
Chassant le temps des ombrelles, laissons place au bal de Nature...
Vite, allons rêver derrière la fenêtre au soleil illuminant la terre,
Balayée par de magnifiques arcs-en-ciel jouant sur les margelles...
Allons imaginer les monts et vallées peuplées de nuages dentelle,
Où les dieux malins s'amusent à coups d'éclairs et de tonnerre....
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