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ALBERT LEBRUN REVISITÉ (1871-1950)

Filiatus

Maître Poète
Le président Albert Lebrun
Moustache noire et taille mince
Est comme un héros de Tintin
Un ersatz de Georges Brassens

Lorsqu'on écoute ses discours
Sa voix rappelle Donald Duck
Et son costume un peu trop court
Le croque-mort de Lucky Luke

Il naît dans la Meurthe-et-Moselle
À Mercy-le-Haut [ou le-Bas]
Son père, Ernest Lebrun s'appelle
Et il est maire de l'endroit

Très doué pour lire et pour écrire
Sur l'avis du maître d'école
On l'envoie à Nancy s'instruire
Et se coiffer d'une auréole

Le premier en mathématiques
Brillant en d'autres disciplines
Albert sort de Polytechnique
Et entre à l'école des Mines

Il n'a pas atteint la trentaine
Qu'il s'établit comme ingénieur
En Bourgogne, puis en Lorraine
En y attendant l'âme sœur

Il la rencontre sur Paris
Aux alentours de mil neuf cent
Et rapidement se marie
Sa fiancée s'arrondissant

Parallèlement il se lance
Dans la carrière politique
Et devient un des fers de lance
De la gauche démocratique

Elu président du Conseil
Général de Meurthe-et-Moselle
Pour prendre une place au soleil
Au gouvernement on l'appelle

De ministre des Colonies
Sous la présidence Fallières
Au bout de deux ans, il finit
Ministre d'état à la Guerre

Mais quand est élu Poincaré
Eclate la guerre mondiale
Alors Albert est relégué
De nouveau à la Coloniale

Il n'est plus au gouvernement
Quand le centriste Deschanel
Puis l'incolore Millerand
Président le pays sans zèle

Mais Albert n'est pas sans emploi
Il est sénateur, puis très vite
Vice-président du Sénat
Avant d'en avoir la conduite

C'est en mil neuf cent trente-deux
Qu'il succède au pauvre Doumer
Assassiné d'un coup de feu
Que venge le bourreau Deibler

Pendant sept ans Albert gouverne
Sans prétention, sans illusions
Une présidence bien terne
Durant le Populaire Front

Or, bientôt les échos de guerre
Bruits de bottes et de canons
Les discours venimeux d'Hitler
Expédient sa réélection

Au lendemain de la défaite
Pétain entre au gouvernement
Mais tout de suite Albert regrette
Car le vieux est pro-Allemand

Destitué par le Maréchal
Albert se retire en Isère
Tandis que l'autre avec Laval
Repeignent la France en gris-vert

Surveillé par les Italiens
Enlevé par la Gestapo
Poussé par les Américains
Pour faire la nique à Charlot

Albert, à la Libération
N'ayant pas fini son mandat
Veut récupérer ses fonctions
Mais De Gaulle ne le veut pas

En mil neuf cent cinquante, il meurt
Malheureusement à Paris
Mais heureux au fond de son cœur
Son septennat étant fini
 
C'est très instructif.
Un beau travail.
Merci, amitiés, Matthale
 
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