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Agoralcoolique

AnBraz

Nouveau poète
Il y a ceux qui boivent parce qu'ils sont bien,
Ceux qui boivent pour trouver le courage,
Moi si je bois c'est juste pour oublier,
Oublier que je suis là
Au milieu de ce Cluedo
Et ses fausses amabilités,
Ce simulacre pitoyable,
Une hypocrite pièce de théâtre
Où les acteurs jouent leurs impostures
Sous l'exagération de leurs suffisances
Et de leurs fausses joies
Pourtant depuis longtemps fanées ;
Alors je regarde ma bière et m'enivre :
Agoralcoolique...

Alors je m'enivre entouré de ces gens,
De ces gens qui ne me ressemblent pas,
De leurs discussions qui n'me concernent pas,
Eux, tous ces gens dont je n'ai que faire
Avecque leurs vies pathétiques
Convaincus de leurs faux-semblants
Et de leurs illusoires mensonges,
Véridiques histoires inventées,
Chimères de procuration,
Dépositaires de leurs espoirs vains ;
Alors je bois, oui, alors je bois,
Je bois jusqu'à oublier :
Oublier ces gens car je suis
Agoralcoolique...

Je bois jusqu'à oublier leurs mots
Jusqu'à oublier surtout les miens :
Ne pas être tenté de leur dire, non,
La vérité sur ce beau gâchis,
Puisqu'il faudra bien mourir,
Qu'est de s'investir dans sa vie
Et se soucier de celle d'autrui ;
Boire jusqu'à oublier d'avoir oublié
Jusqu'à l'essence même de ma vie
En désert cosmique transformé,
Alors quoi leur raconter ?
Je plonge puis me noie dans l'oubli :
L'oubli de leur insouciance, oui,
Agoralcoolique...

Je me noie jusque dans l'oubli
De leur présence et de la mienne ;
Je me noie dans le vaste tournis
De ces vautours qui guettent mes ratés
Afin de rassasier leurs esprits vides,
Emplis de l'ignorance de leur dévotion
Dans quelques malignes certitudes
Je me noie, le cœur dans l'alcool
Qui inonde les veines de mon corps,
Qui anesthésie ma conscience
De ce monde décadent et putride,
Aux lambeaux de valeurs dépréciées ;
Je me noie dans l'alcool à me perdre,
Agoralcoolique...

Je me perds dans l'oubli de mon passé,
Celui de mes rêves enterrés
Sous les dunes de mon errance,
Fuite éternelle du Temps qui s'écoule,
Sous les cauchemars désespérés
Et des démons qui hantent mon âme ;
L'agoralcoolique aura raison de moi :
Je me perds dans le sombre dédale
Que forment les limbes de mes pensées,
Et où me poursuit mon avenir
Armé de la torpeur de ma psyché,
Portail vers mes sentiments perdus,
Portail vers mon enfance abandonnée
A l'agoralcoolisme.

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