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ABANDON

bullitt

Maître Poète


Ils l'ont emmenée la pauvre "vioque"
"Manque de place !" a dit l'Henri
Dans une maison derrière Manosque
Avec sa valise, son parapluie
Ils l'ont hissée dans la charrette
Son foulard noir sur ses cheveux
Je ne sais pas si la pauvrette
Aux enfants a fait ses adieux
Dis-moi, quelle place pouvait-elle prendre ?
L'hiver au coin de la cheminée
L'été dans sa chaise branlante
Au soleil pour se réchauffer
Un bouillon de soupe les soirs d'hiver
Une tomate, un fruit en été
La Jeannette le regard sévère
A dit "il faut vous en aller !"
Cette maison l'avait vu naître
Grandir, et même se marier
Et ses enfants qui la rejette
Aujourd'hui ont tout oublié !
"Manque de place" a dit l'Henri !
Un mètre à peine vers la fenêtre
Derrière de vieux rideaux , son lit
Et à ses pieds sur la carpette
Le chien, son véritable ami !
Quand, occupés à travers champs
Ils laissaient le dernier petit-fils
Qu'elle berçait en chantonnant
Ne leur rendait-elle pas service ?
Et quand la Jeannette lui donnait
Des pommes de terre à éplucher
De ses pauvres mains qui tremblaient
Fallait voir comme elle s'appliquait !
Je ne crois pas qu'elle ait pleuré
Quand elle a su qu'elle s'en allait
Dans son regard aucun reproche
Mais une tristesse infinie
et l'Henri, les mains dans les poches
Honteux, peut-être, s'est enfui
La Jeannette sans plus attendre
A enlevé fauteuil et lit
Et le vieux chien sans rien comprendre
A dû laisser sa place aussi !
En rentrant de l'école que diront les enfants ?
Plus de mère-grand, plus de fauteuil
Plus de jolis contes d'antan
Qui ravissent ou qui consolent


Regardes la-bas au dessus de Manosque
Cette étoile qui brille dans ce ciel velouté
Solitaire, si lointaine et si proche
Qui veille encore sur eux qui l'ont abandonnée !

 
VRAIMENT SUBLIME poème sensible avec une histoire qui fait réfléchir merci des gentils coms amitiés^^
 
en termes mesurés, mais d'une extrême violence... hélas, triste réalité, parfois
touché...
 
Se sont dans les oeillières de tes mots exprimés que je trouve leur force pour ce texte déchirant de vérités...
Baisers Clo ..un niveau d'écriture au dessus du lot..
 
Ton poème est bouleversant, ils dénoncent une situation qui souvent frise tout ce que tu donnes pour arguments d'une bru surtout... mais je m'égare ! Tu as un grand talent de conteuse
et ce réalisme fait mal,...
Bien amicalement
 
comme la vie est cruelle et injuste parfois. ton texte illustre d'une manière incroyable ces deux adjectifs. le pire est que pour certain c'est la triste réalité. je pleure un peu car cela me rappelle ma grand mère qui n'est pas morte dans ces conditions mais dans ces usines à frics que l'on appelle aussi "maison de retraite" ce genre d'endroit où on te vire si tu n'as plus les moyens. mon coup de gueule passé j'ai vraiment apprécié ton poème et je vote. bises
 
Oui superbe récit trop vrai hélas dans certaines familles.
Vraiment très bien raconté, ça laisse pantois quand même ce manque d'amour envers ses propres parents.Biz
 
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