wolf49
Nouveau poète
A vingt ans on a l'oeil difficile et très fier.
On ne regarde pas le première venue,
Mais la plus belle ! Et, plein d'une extase ingénue,
On prend pour l'amour le désir né d'hier.
Plus tard, quand on a fait l'apprentissage amer,
Le prestige insolent des grands yeux diminue,
Et d'autre, d'une grâce autrefois méconnue,
Révèlent un trésor plus intime et plus cher.
Mais on ne fait jamais que changer d'infortune;
A l'age ou l'on croyait n'en pouvoir aimer qu'une,
C'est par elle déjà qu'on apprit à souffrir.
Puis quand on reconnait que plus d'une est charmante,
On sent qu'il est trop tard pour choisir une amante,
Et que le coeur n'a plus la force de s'ouvrir.
On ne regarde pas le première venue,
Mais la plus belle ! Et, plein d'une extase ingénue,
On prend pour l'amour le désir né d'hier.
Plus tard, quand on a fait l'apprentissage amer,
Le prestige insolent des grands yeux diminue,
Et d'autre, d'une grâce autrefois méconnue,
Révèlent un trésor plus intime et plus cher.
Mais on ne fait jamais que changer d'infortune;
A l'age ou l'on croyait n'en pouvoir aimer qu'une,
C'est par elle déjà qu'on apprit à souffrir.
Puis quand on reconnait que plus d'une est charmante,
On sent qu'il est trop tard pour choisir une amante,
Et que le coeur n'a plus la force de s'ouvrir.