A un train d'enfer
Paroles sans nuance et donc sûrement
Excessives d’un gauchiste impénitent (1) :
Paroles sans nuance et donc sûrement
Excessives d’un gauchiste impénitent (1) :
Quand l'arabe du quartier
A été renvoyé,
Tu as ricané :
« C'est bien normal
Tous des fainéants ! »
Quand le portugais du coin
A pris le même chemin.
Là, tu t'es dit
« C'est dommage mais
Il peut rentrer au pays ».
Quand le tour est venu
Du voisin de ta rue,
T'as rien fait non plus,
Simplement tu as murmuré,
Tout en serrant des dents,
« Merde, lui aussi ! »
Quand ton beau frère
A été remercié,
Tu as vraiment pris peur
Sans pour autant bouger.
D’ailleurs, suivant ton chemin,
Pris par tes tourments quotidiens
Et, tes traintrains si routiniers,
Tu ne t’occupes guère
Du sort réservé à ton prochain.
Tu as tant de choses à faire,
Et le temps passe si vite.
Certains regards, tu évites
Par crainte, sans doute, qu’ils
Te jettent un mauvais sort.
Hé puis qu’est-ce t’y peux toi
Pour tous ceux qui n’ont plus de toits.
Tu n’es pas un Abbé Pierre,
Tant pis, si on te prête un cœur de pierre.
Au fond, cela te rend si mal à l’aise,
Car, de ressembler, un jour, te fait si peur,
A ceux qui cumulent trop de malheurs.
Quand ton heure a sonné,
Sans même crier gare,
Arrive ta lettre recommandée.
Et, tu trouves le monde
Si injuste, personne
Ne vient te défendre.
Ta petite maison vacille,
Ton petit monde s'écroule.
Tu voudrais maintenant agir,
Et que tous viennent t’épauler
En faisant des pétitions,
Ou de l’usine l’occupation
Ou des manifestations
Sans tourner en rond,
En criant dans les rues,
A pleine voix à pleins poumons.
Pour prouver que tu existes
« Qu'y faut pas traiter les gens
Comme ça ! Ils z’ont pas l(e) droit !
Je n(e) suis pas qu’un simple boulon
Qu'on jette au rebut ».
Tu voudrais tout casser,
Tu voudrais pourfendre
Ceux qui t’ont si bien baladés.
Pour inspirer une grande peur,
Faute d'imposer le respect.
Mais, le train de l'emploi
Est déjà bien loin,
T’iras pointer à Pôle Emploi.
Comme tous les autres,
Dans un total désarroi,
Tu restes tout seul,
En rase campagne.
Sans avoir livré bataille,
Croyant en ta bonne étoile,
T'as rien vu venir.
Pourtant, ce train d'enfer qui
Accélère sans cesse
Et, vire à chaque secousse,
A l'unité ou par paquets,
Laissant sur le ballast
Tant des victimes ébêtées,
Aux trains de vie en miettes,
Aux familles qui s'effritent ;
Remplies de « Si j'avais su ... »
Et de « J'aurais dû ... »
Et « pourtant, que de sacrifices … »
« Y’a aucune justice … »
« Comment s’en sortir ?»
« Et si je perdais tout et
Me retrouvais, moi aussi, à la rue…».
On ne dira surtout pas
C’est bien fait pour lui,
Car nous ne pouvons pas,
De cette situation être ravi.
De plus, il y a de nous en lui (1).
Avec ce train d'exclusion fou
Qui roule à tombeau ouvert,
Déraille depuis des années
Mais, on t'a fait si bien croire
Que toi, tu pourrais échapper,
A cette fatalité, mais en vérité
Vraiment rien ne peut l’arrêter.
Texte déposé
OO0o0OO
Le travail c’est bien une maladie, puisqu’il y a la médecine du travail.
Y a 3 millions de personnes qui veulent du travail. C’est pas vrai, de l’argent leur suffirait.
Coluche