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Poète libéré
Je plonge. Je plonge dans ce bleu si apaisant, ce bleu qui me donne les larmes aux yeux, des larmes de joie que tu sois là, si près de moi. Tu es comme la Lune. Un espoir, quand je te vois, mais jamais de rêve accompli, jamais accessible pour moi que tu regardes comme à travers un voile... Un voile car je ne te montre que ce que je veux bien que tu sache de moi, car j'aurais tant à perdre si tu me voyais vraiment! Que faire si tu t'en allait? Que faire, je me retrouverais plongée dans une nuit sans fin, sans lune ni étoiles, une nuit sans lumière et sans espoir? Sans amour... J'ai tant de choses à te cacher... Tant de choses à masquer, changer, voiler, comme un gigantesque carnaval de Venise où derrière chaque masque se cacherait un mensonge... Une parade de secrets inavouables qui me torturent l'esprit à chaque fois que je te parle ou que je te regardes... Et pourtant j'ai déjà droit à tant de choses! Ta présence, toujours, ta proximité constante avec moi, toujours la comme un doux manteau de paroles et de sentiments qui me calment tant... Mais il y a la jalousie... Jalousie d'entendre ces mots si blessants pour moi: "je l'aime encore"... Désespoir d'avoir cette chance à double tranchant d'être celle à qui tu confie tout... Douleur d'avoir à écouter tout ça et à y répondre comme l'amie que je suis, pour te protéger, pour nous protéger!Et bonheur pourtant, de pouvoir être si proche de toi, d'entendre parfois quelques mots de ta part qui me paraissent m'être destinés... Et cette nuit... cette nuit de bonheur parfait, cette joie après un an d'attente, ce bonheur intact et pur de sentir ta main dans la mienne, tes doigts dans mes cheveux et ton visage contre le mien... Lueur d'espoir dans un trou sans fond, un quotidien de morosité sans couleurs, comme l'intérieur d'un vieux polaroïd qui prendrais toujours les mêmes clichés de palettes de gris... Tu ne sais pas... Tu ne sais pas l'horreur de voir ton regard s'illuminer devant toutes mes amies sans jamais, jamais s'attarder sur moi! Le goût amer dans mon coeur du souvenir de ce soir là mêlé à la certitude de ne plus jamais pouvoir y regoûter! La tristesse de te voir sans jamais te toucher... Le bouclier dont tu te sers pour me protéger de toi me fait si mal... Tu crois me préserver mais la douleur est si profonde... Mais ne t'inquiètes pas. J'ai appris à soutenir ce poids... Je me suis fabriqué une armure de tous les moments passés avec toi, et il y en a! Une armure dont chaque pièce se compose de petits bonheurs, un regard, un baiser sur le front, un mot que tu as dis, le son de ta voix, ton odeur si près de moi, les doux rêves que je fais endormie à tes côtés, ton rire, ta main sur mon épaule, et mes larmes de bonheur à ces souvenirs...J'ai appris à me contenter de petits riens, et parfois c'est si bon de savoir que tu es là et que tu ne m'abandonnera pas! Et à chaque instant, quand mon regard te dis "je t'adore", mon âme te hurle "je t'aime!" Sache enfin que je suis prête. Je suis là, je supporterais tout, quelque soit ta décision, quelque soit le choix que tu suivra, mais je t'en supplie ne m'abandonne pas, ne prends pas peur de tous ces masques tombés et de ces mensonges à nus à présent, ne me laisse pas seule car ce serait me tuer que de m'enlever ce que tu m'as donné pendant tout ce temps! Ne m'abandonne pas... Je t'aime.