rivière
Maître Poète
A genoux dans les jardins du silence
Un jour de printemps,
alors que je marchais
sur les berges du Loir,
alanguie par la chaleur de l’azur,
je t’aperçus assise les jambes repliées sous toi
sur une éminence, près d’un oratoire,
la corolle de ta robe d’indienne
se déployait autour de ta taille.
Tu levas vers moi ton visage
aux traits réguliers
encadré
d’une interminable chevelure brune,
ton corps offert
aux diadèmes de clarté
chancelait au
milieu des nefs des nuées,
tes paupières d’angelot me fixèrent
avec une telle intensité et une telle passion
que mon cœur battit la chamade
et bondit de joie.
Je me dirigeai vers toi,
désireuse de m’abandonner
au
solfège suprême de ta Grâce,
les sûs* s’ouvrirent
devant mes bottines,
et je t’offris le châle de soie
qui couvrait mes épaules,
puis, à genoux dans les jardins du silence,
à même les herbes et l’or des genêts,
avec pour seuls témoins les futaies et les folioles,
je te déclarai ma flamme.
A mon annonce,
tes bras m’enveloppèrent,
et
nos lèvres s’unirent pour l’éternité.
Depuis, ma douce,
nous revenons chaque dimanche
en
ce lieu oint par Dieu.
sû * : mot du dialecte manceau désignant un sureau.
Sophie Rivière
Un jour de printemps,
alors que je marchais
sur les berges du Loir,
alanguie par la chaleur de l’azur,
je t’aperçus assise les jambes repliées sous toi
sur une éminence, près d’un oratoire,
la corolle de ta robe d’indienne
se déployait autour de ta taille.
Tu levas vers moi ton visage
aux traits réguliers
encadré
d’une interminable chevelure brune,
ton corps offert
aux diadèmes de clarté
chancelait au
milieu des nefs des nuées,
tes paupières d’angelot me fixèrent
avec une telle intensité et une telle passion
que mon cœur battit la chamade
et bondit de joie.
Je me dirigeai vers toi,
désireuse de m’abandonner
au
solfège suprême de ta Grâce,
les sûs* s’ouvrirent
devant mes bottines,
et je t’offris le châle de soie
qui couvrait mes épaules,
puis, à genoux dans les jardins du silence,
à même les herbes et l’or des genêts,
avec pour seuls témoins les futaies et les folioles,
je te déclarai ma flamme.
A mon annonce,
tes bras m’enveloppèrent,
et
nos lèvres s’unirent pour l’éternité.
Depuis, ma douce,
nous revenons chaque dimanche
en
ce lieu oint par Dieu.
sû * : mot du dialecte manceau désignant un sureau.
Sophie Rivière