Je pense de suite à cet adage : «il faut manger le pain noir avant le blanc» . Quelle logique malfaisante pourrait-elle donc le contredire ? La vie de la plupart d’entre nous est faite de sacrifices , parfois extrêmement durs , entraînant séquelles , maladies , .... : études (beaucoup) trop difficiles ; travaux trop dangereux ; responsabilités présentant des risques , des dangers , etc........ Il faut donc manger le pain noir avant le blanc ! Puis , profiter de ses vieux jours , et cultiver son jardin , son potager , partager tant de souvenirs avec sa vieille..... C’est un modèle coutumier , classique même , qui concerne la grande majorité des gens . Mais ne pourrait-on pas s’imaginer que l’on pourrait être heureux par la révolte ? Je prends cet exemple du monde antique : un jour , Alexandre le grand , sans doute le plus riche et le plus puissant de son époque , se présenta devant le pauvre Diogène , qui vivait dans un tonneau ; il lui demanda : «Diogène , qu’est-ce qui pourrait te faire plaisir» ; et dans sa noire misère , l’autre lui répondit : «Ôte-toi de mon soleil» ! La révolte n’est pas une révolution , certainement pas , et je ne m’appelle pas Andreas Baader rédigeant un texte révolutionnaire , ou même Ravachol ! Toute révolution est entachée de violence , de sang , d’atrocités ! Par contre , la révolte est mesurée , pondérée . Elle consiste à se libérer de clichés , de poncifs . Pourquoi un brave quinquagénaire , lassé de sa vieillissante épouse , ne présentant plus les attraits , les charmes d’antan , ne pourrait-il pas avoir le droit de fréquenter cette superbe beauté au corps de rêve , et jouir , quitte à y laisser quelques billets , allez , d’accord ? Pourquoi cet athée ne pourrait-il pas , une fois dans sa vie , entrer dans une Eglise , ce qui en temps normal le révulse , et y poser un cierge , s’y mettre à prier ; et puis y retourner régulièrement ? Pourquoi cet avare ne pourrait-il pas , subitement , par esprit de révolte (et pensant à quoi sera destiné tout son immense magot à sa mort) , pourquoi ne pourrait-il pas , à l’instar du grand Yves Montand , en donner la moitié aux plus démunis ? Ca s’appelle : la révolte ; à la limite contre , peut-être , son pire ennemi : soi-même ! Pourquoi ne pas changer ses habitudes de passant pressé , rentrant vite chez lui , et ne pas empoigner cet homme méchant et violent qui tente de battre et de violer cette jeune femme ? Car être heureux , c’est pouvoir enfin se délivrer du joug social , du stéréotype social , qui nous enferme dans un modèle préétabli et fait de nous des.... «robots sociaux» ! Ce sera se libérer de ses avilissantes entraves sociales , et Dieu sait à quel point nous....serons alors heureux !