Necroverdose
Nouveau poète
Comme tant de nuits...
Depuis des années, il devrait s'être habitué...
A glisser, comme l'ombre qu'il est, dans ce couloir noir.
A passer des heures entières assis sur le sol, appuyé au mur, à guetter un bruit venant de cette chambre.
Sans oser ouvrir la porte, sans oser troubler les ombres, sans oser caresser la peau de celui qu'il aime...
Il n'a pas le droit.
Il n'est qu'une ombre.
Comme tant d'heures...
Passées à être appuyé contre cette porte, à n'écouter que le silence.
A tenter de se fondre dans le noir, pour que nul ne le remarque, pour qu'on ne sache pas qu'il aime.
On n'aime pas les ombres. Car les ombres n'ont pas à aimer.
Et il est trop douloureux d'aimer seul et sans retour... Comme il le sait...
Mais il s'enferme dans ses rêves, dans lesquels il peut l'embrasser, le toucher, murmurer sur ses lèvres des « Je t'aime »...
Son monde de rêves est un monde sans lois.
Car il existe une loi...
Qui dit que les ombres n'ont aucun droit.
Comme tant de notes...
Jouées du bout de son archet, sur un violon usé, lentement et doucement... Une berceuse.
De l'ombre à la mort.
Ironie du sort.
Lui qui est toute lumière et ses yeux la lumière de l'aube... Oui... Lui qui est lumière même, n'est qu'une ombre...
Une ombre qui fuit sur les toits, n'osant appeler la mort...
Il reste des heures à la fenêtre, à jouer du violon pour cette mort aimée.
Et la mort n'entend pas.
Les ombres sont muettes.
Comme tant de fois...
Où il n'a pu faire un seul geste...
Car cette musique résonnait dans ses oreilles et il voulait l'entendre...
Mais il n'en a pas le droit... Alors il fait semblant de ne pas percevoir le son pourtant si proche.
La mort n'aime pas.
Surtout pas une ombre.
Surtout pas la lumière.
La mort n'aime que le sombre, la mort n'aime que la mort.
La mort s'aime elle-même.
Et n'aime personne d'autre.
Surtout pas cette ombre.
Elle n'a pas le choix.
Comme elle a mal...
Cette première ombre dont on parle...
Assise par terre dans le couloir.
Elle se lève, et s'en va, se mêlant aux ombres des murs.
Elle fuit... Elle fuit...
C'est indigne d'un humain...
Mais pas d'une ombre...
Alors, pour une fois, il a le droit...
Comme il s'ennuie...
Ce petit prince sorti de son lit...
Contre la porte de sa propre chambre...
Le sommeil lui prend et il s'effondre au sol.
Il sait qu'il viendra le remettre dans son lit avant son réveil...
C'est ce que dit une autre loi...
Que les ombres doivent servir prendre soin des princes.
Comme elle est triste...
Cette seconde ombre mentionnée...
Lumière même et pourtant fils d'obscurité...
Oiseau de nuit et de mauvaise augure qui sait le futur...
Il pleure sur le bord d'un toit, son violon à ses côtés, le visage dans les mains.
Il cache ses yeux à la teinte d'aube...
Et étouffe des sanglots qui ne font pas de bruit.
Ombre qu'il est, il ne parle que par sa musique...
Comme elle s'en veut...
La mort toujours dans son antre...
Car il n'y a plus d'ombre à la fenêtre.
Car il n'y a plus de berceuse à ses oreilles.
Mais elle ne se lèvera pas...
Egoïsme ou obéissance ?
Nul ne le sait...
C'est juste qu'elle n'a pas le choix...
Comme elle vagabonde...
La première ombre...
Rencontre la seconde...
Et ils parlent, entre ombres...
Du prince et de la mort...
Comme il a froid...
Le prince ankylosé...
Sur le sol allongé.
Nul ne l'a remit dans son lit...
Après qu'il se soit endormi.
L'ombre est partie...
Comme elle sourit...
L'ombre-lumière...
Elle n'est pas seule.
Elle prend son violon.
Et joue pour l'autre ombre...
Comme elle est déçue.
La mort déchue.
Les notes ne sont pas revenues.
Finalement, elle se lève, la mort...
D'une ombre il veut décider du sort...
Comme... Comme une ombre dévouée, un prince hésitant, une lumière violoniste, une mort dédaigneuse. Comme un jeu d'ombre et de lumière. Comme une nuit...
Comme la première ombre, qui écoute la seconde jouer de son violon...
Qui, les yeux fermés, profite de la musique.
Qui, un sourire aux lèvres, apprécie des notes.
Comme la seconde ombre, qui redevenue lumière, fait passer ses remerciements dans son instrument...
Merci à la première ombre, à qui il a tout expliqué.
Merci pour avoir séché ses larmes...
Et l'ombre-lumière cesse de jouer, et pose sans bruit son violon.
( Puisque les ombres sont muettes )
Et elle se penche, ombre, se penche...
Sa peau si blanche sous le ciel embrasé par l'aurore...
La couleur de ses yeux qui se ferment peu à peu se mêle à celle du ciel.
Elle ne se penche pas pour tomber dans le vide, non...
Elle se penche pour poser doucement ses lèvres sur celles de la première ombre...
La teinte du regard de la première ombre s'appareille au bleu qu'il reste dans le ciel.
Et la couleur se cache, se cache, quand l'ombre ferme doucement les yeux...
Et l'ombre serre contre elle la lumière, qui l'enlace de ses bras maigres.
Le soleil levant éclaire de plein fouet les deux ombres serrées l'une contre l'autre, s'embrassant sous le ciel qui s'embrase...
La lumière de l'astre intensifie sur le toit les deux ombres des ombres, leurs silhouettes noires...
Les ombres se mêlent l'une à l'autre...
L'on ne distingue ni celle qu'on appelle ombre ni celle qu'on nomme lumière.
Le prince seul dans sa chambre, et la mort bien seule aussi ne sont pas éclairés par le soleil, et ne voient pas le ciel...
Le ciel qui a ce moment précis à la teinte exacte des yeux des deux ombres mêlées sur un des toits de Londres.
Depuis des années, il devrait s'être habitué...
A glisser, comme l'ombre qu'il est, dans ce couloir noir.
A passer des heures entières assis sur le sol, appuyé au mur, à guetter un bruit venant de cette chambre.
Sans oser ouvrir la porte, sans oser troubler les ombres, sans oser caresser la peau de celui qu'il aime...
Il n'a pas le droit.
Il n'est qu'une ombre.
Comme tant d'heures...
Passées à être appuyé contre cette porte, à n'écouter que le silence.
A tenter de se fondre dans le noir, pour que nul ne le remarque, pour qu'on ne sache pas qu'il aime.
On n'aime pas les ombres. Car les ombres n'ont pas à aimer.
Et il est trop douloureux d'aimer seul et sans retour... Comme il le sait...
Mais il s'enferme dans ses rêves, dans lesquels il peut l'embrasser, le toucher, murmurer sur ses lèvres des « Je t'aime »...
Son monde de rêves est un monde sans lois.
Car il existe une loi...
Qui dit que les ombres n'ont aucun droit.
Comme tant de notes...
Jouées du bout de son archet, sur un violon usé, lentement et doucement... Une berceuse.
De l'ombre à la mort.
Ironie du sort.
Lui qui est toute lumière et ses yeux la lumière de l'aube... Oui... Lui qui est lumière même, n'est qu'une ombre...
Une ombre qui fuit sur les toits, n'osant appeler la mort...
Il reste des heures à la fenêtre, à jouer du violon pour cette mort aimée.
Et la mort n'entend pas.
Les ombres sont muettes.
Comme tant de fois...
Où il n'a pu faire un seul geste...
Car cette musique résonnait dans ses oreilles et il voulait l'entendre...
Mais il n'en a pas le droit... Alors il fait semblant de ne pas percevoir le son pourtant si proche.
La mort n'aime pas.
Surtout pas une ombre.
Surtout pas la lumière.
La mort n'aime que le sombre, la mort n'aime que la mort.
La mort s'aime elle-même.
Et n'aime personne d'autre.
Surtout pas cette ombre.
Elle n'a pas le choix.
Comme elle a mal...
Cette première ombre dont on parle...
Assise par terre dans le couloir.
Elle se lève, et s'en va, se mêlant aux ombres des murs.
Elle fuit... Elle fuit...
C'est indigne d'un humain...
Mais pas d'une ombre...
Alors, pour une fois, il a le droit...
Comme il s'ennuie...
Ce petit prince sorti de son lit...
Contre la porte de sa propre chambre...
Le sommeil lui prend et il s'effondre au sol.
Il sait qu'il viendra le remettre dans son lit avant son réveil...
C'est ce que dit une autre loi...
Que les ombres doivent servir prendre soin des princes.
Comme elle est triste...
Cette seconde ombre mentionnée...
Lumière même et pourtant fils d'obscurité...
Oiseau de nuit et de mauvaise augure qui sait le futur...
Il pleure sur le bord d'un toit, son violon à ses côtés, le visage dans les mains.
Il cache ses yeux à la teinte d'aube...
Et étouffe des sanglots qui ne font pas de bruit.
Ombre qu'il est, il ne parle que par sa musique...
Comme elle s'en veut...
La mort toujours dans son antre...
Car il n'y a plus d'ombre à la fenêtre.
Car il n'y a plus de berceuse à ses oreilles.
Mais elle ne se lèvera pas...
Egoïsme ou obéissance ?
Nul ne le sait...
C'est juste qu'elle n'a pas le choix...
Comme elle vagabonde...
La première ombre...
Rencontre la seconde...
Et ils parlent, entre ombres...
Du prince et de la mort...
Comme il a froid...
Le prince ankylosé...
Sur le sol allongé.
Nul ne l'a remit dans son lit...
Après qu'il se soit endormi.
L'ombre est partie...
Comme elle sourit...
L'ombre-lumière...
Elle n'est pas seule.
Elle prend son violon.
Et joue pour l'autre ombre...
Comme elle est déçue.
La mort déchue.
Les notes ne sont pas revenues.
Finalement, elle se lève, la mort...
D'une ombre il veut décider du sort...
Comme... Comme une ombre dévouée, un prince hésitant, une lumière violoniste, une mort dédaigneuse. Comme un jeu d'ombre et de lumière. Comme une nuit...
Comme la première ombre, qui écoute la seconde jouer de son violon...
Qui, les yeux fermés, profite de la musique.
Qui, un sourire aux lèvres, apprécie des notes.
Comme la seconde ombre, qui redevenue lumière, fait passer ses remerciements dans son instrument...
Merci à la première ombre, à qui il a tout expliqué.
Merci pour avoir séché ses larmes...
Et l'ombre-lumière cesse de jouer, et pose sans bruit son violon.
( Puisque les ombres sont muettes )
Et elle se penche, ombre, se penche...
Sa peau si blanche sous le ciel embrasé par l'aurore...
La couleur de ses yeux qui se ferment peu à peu se mêle à celle du ciel.
Elle ne se penche pas pour tomber dans le vide, non...
Elle se penche pour poser doucement ses lèvres sur celles de la première ombre...
La teinte du regard de la première ombre s'appareille au bleu qu'il reste dans le ciel.
Et la couleur se cache, se cache, quand l'ombre ferme doucement les yeux...
Et l'ombre serre contre elle la lumière, qui l'enlace de ses bras maigres.
Le soleil levant éclaire de plein fouet les deux ombres serrées l'une contre l'autre, s'embrassant sous le ciel qui s'embrase...
La lumière de l'astre intensifie sur le toit les deux ombres des ombres, leurs silhouettes noires...
Les ombres se mêlent l'une à l'autre...
L'on ne distingue ni celle qu'on appelle ombre ni celle qu'on nomme lumière.
Le prince seul dans sa chambre, et la mort bien seule aussi ne sont pas éclairés par le soleil, et ne voient pas le ciel...
Le ciel qui a ce moment précis à la teinte exacte des yeux des deux ombres mêlées sur un des toits de Londres.