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« Je devais agir, faire quelque chose. »

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lamiss3

Nouveau poète
« Je devais agir, faire quelque chose, n’importe quoi mais je devais agir. Et vite. » Je voyais ma vie défiler à la vitesse de l’éclair. Tous ces souvenirs, tous ces secrets. Je les voyais, je les vivais une nouvelle fois. Je les ressentais tous en seulement une fraction de secondes. Je n’avais plus le temps. Plus le temps de réfléchir, plus le temps d’hésiter. Le compte à rebours était à 7 secondes. Le temps m’était compté. Je ne sais pas ce qui m’a pris, je ne sais pas pourquoi ni comment mais, accompagnée par une force que je ne me connaissais pas, je me jetai en avant et pris Ulric dans mes bras. Avec quelques difficultés, je réussis à me rapprocher de la fenêtre. J’empoignai la corde et me jetai dans le vide, mon coéquipier dans les bras, juste au moment où l’immeuble tout entier se plongeait dans un tourbillon de flammes. Arrivée à bonne distance de l’explosion, je lâchai la corde et posai mon coéquipier au sol. Nous avions atterris dans une forêt. Ma respiration se faisait régulière à nouveau. Ulric était sauvé, nous étions sauvés. Je regardai le jeune garçon étendu sur le sol. Il était en piteux état, je ne l’avais jamais vu comme ça. J’inspirai une grande bouffée d’air. Je savais qu’Ulric était entre la vie et la mort. Je le savais mais je ne voulais pas l’admettre. Soudain, Ulric ouvrit les yeux. Doucement mais surement. - Laura, pourquoi tu as fait ça ? - Je n’allais pas te laisser là-haut non plus… Il tourna la tête sur le côté, comme s’il avait honte. Finalement, j’aurai peut-être dû le laisser en proie aux flammes. - Tu es la fille la plus idiote que j’ai jamais connue, dit-il en rompant le silence. Cette fois c’est moi qui finis par tourner la tête pour qu’il ne voit pas les larmes qui commençaient à couler sur mes joues. Je sentais son regard posé sur moi, qu’est-ce que c’était agaçant ! - Laura, tu pleures ? me demanda Ulric. - Non. - Montre-moi ton visage. - Non. - Allez ! - Je n’ai pas d’ordre à recevoir de toi, Ulric. Il se tut, et je soupirai. Je ne voulais pas qu’il voit, pas ça. Et d’ailleurs, pourquoi je pleurais ? Le silence se faisait pesant. J’avais envie de dire quelque chose mais je ne savais pas quoi. Je baissai les yeux. Les larmes coulaient sur ma joue pour finir par s’écraser dans l’herbe fraîche du sol. Ulric était désormais agenouillé devant moi et arrachait de l’herbe. - Laura ? - Oui… - Merci. - J’ai bien entendu ? Il faut dire qu’Ulric ne m’avait jamais dit « merci ». - Oui et ne t’attends pas à ce que je te le répète. Exaspérée, je me levai et partis. - Qu’est-ce que tu fais ? me demanda Ulric. - Je marche. - Et où tu vas ? - A l’aéroport. - Seule ? - Oui, ce sera mieux que d’être en ta compagnie. A vrai dire, je ne pensais même pas ce que je disais. - Attends-moi. - Non. - Pourquoi ? - Parce que. - Ce n’est pas une réponse. - Et alors ? - Bah voilà quoi… - Ce n’est pas une réponse ! Je haussai les épaules une dernière fois et commençai à marcher de plus en plus vite. J’avais hâte de rentrer, la présence d’Ulric m’irritait. Et alors que je traversais la forêt pour retourner à l’aéroport où un avion nous attendait, j’entendis un cri à glacer le sang loin derrière moi.
 
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