Au coucher du soleil,
Du bout de la vie,
Tu me reviendras vieille,
Je t'aimerai tombeau creusé‚.
Je te dirai les mots d'hier,
Que je n'ai pas osé‚ te dire ;
Je te donnerai cet amour sincère,
Qu'en vain je tentais de t'offrir.
Je te parlerai du matin,
Même si, c'est du soir,
Qu'il convient d'en parler.
Je te parlerai de demain,
Je te parlerai d'espoir,
Même si, l'espoir est fini.
Je te parlerai d'hier,
En te disant autrefois ;
Il y a bien longtemps.
Je te montrerai les vers,
Que j'ai ‚écrit pour toi,
Quand j'avais vingt ans.
Au coucher du soleil,
Du bout de la vie ;
Tu me reviendras vieille,
Je t'aimerai tombeau creusé‚.
Nous nous dirons des mots d'enfants,
Pour leurrer les rides endurcis et l’âge ;
Ces mots qui partent avec le temps,
Laissant à l'hypocrisie, le soin du langage.
Nous parlerons en toute innocence,
Comme jamais, nous ne l'avons fait ;
Nous briserons tous les murs du silence,
Qui nous ont toujours fait prisonniers.
Je te dirai ce que j'ai oublié,
De te dire autrefois ;
Les "je t'aime bien aimée",
Que je niais devant toi.
Je n'ai plus peur tu sais,
Je te dirai à haute voix ;
Je t'aime bien aimée,
Je t'aime vieille Farida.
Je te parlerai encore d'amour,
Qui n'aurait plus le même nom,
Au pays des retraitées.
Je te parlerai aussi des jours,
Qui ne seront pas aussi longs,
Tels, ceux qui sont passés.
Au coucher du soleil,
Du bout de la vie ;
Tu me reviendras vieille,
Je t’aimerai tombeau creusé‚.
Je suis là, je t'attends ;
Je suis là, comme à vingt ans.
Je vacille tu vois,
La vie m’a tout pris ;
Je vacille tu vois,
Ton amour, je l'ai gardé‚.
Je l’ai gardé‚ au fond de moi,
Je l’ai gardé‚ juste pour toi.
Donne-moi ta main,
L'heure, n’est pas au repentir ;
Donne-moi ta main,
Tu sais, nous pourrons rajeunir.
Au coucher du soleil,
Du bout de la vie ;
Tu me reviendras vieille,
Je t’aimerai tombeau creusé‚.
SEDDIKI NOURDINE
ALGER LE 01/01/1979