Emilie88
Poète libéré
C’est dans cette vaste région sans nom
Que vit le religieux que nous mentionnerons,
Membre d’une bien étrange confrérie
Isolée en plein cœur d’une forêt dépérie.
Leur église gothique, dôme noir d’ébène,
Parmi les arbres se devine à peine,
Façade de pierres couleur étain
Survolant la brume du petit matin.
C’est ici, dans ce curieux paysage,
Que les plus séduisants et obscènes visages
De tout le pays viennent trouver refuge,
Pour ainsi éviter tout le grabuge
Provoqué par leur maudite apparence.
Car voilà leur principale souffrance :
Leur aspect parmi les plus envoûtants
Qui entraine ravages et tourments.
Et c’est après maints tracas qu’ils firent le choix
D’expier leurs péchés et erreurs d’autrefois,
Consacrant toute leur existence ultérieure
Au culte de la beauté intérieure.
Un exquis religieux s’échappe du bâtiment,
Les yeux vagues et sans larmes, l’air absent,
Déambulant comme un voyageur illusoire
Egaré dans la grisaille du soir
Vers les jardins colorés assiégeant l’édifice.
Cheveux d’or régnant sur le ciel lapis,
Bouche rubis faite d’amples promesses
Les yeux émeraude d’une infinie tendresse ;
C’est bien ce genre de perfection qui rejette
Les failles d’une beauté toute discrète.
Le pieux homme s’assoit au bord d’une obscure
Fontaine de granit, ornée de fines sculptures
D’anges très laids qui s’enlacent amoureusement,
Pourvus de saphirs au cœur qui, joyeusement,
Rayonnent comme de maigres soleils.
Il se penche sur cette eau qui l’émerveille,
Clignant son regard vide, jouant avec les minces
Filets d’eau qui ne savent tenir en place, coince
Ces longs serpents espiègles entre ses doigts
Tout en défiant son propre regard qui ondoie.
Les yeux à présent embués de larmes,
Le croyant frappe ce reflet si plein de charme,
Qu’il n’en reste que le regard d’un fou.
N’y faisant rien, l’eau se crispant sous ses coups,
Il frappe encore plus fort, et voit l’impitoyable
Fontaine s’agiter de spasmes interminables.
Un long filet d’eau attrape le malheureux
Pour l’attirer vers le bassin désireux ;
Il étouffe un faible cri quand la fontaine
L’avale tout entier, qu’à jamais lui appartienne
Cet impossible visage, pendant que s’évertuent
Une ultime fois les cloches de l’église perdue.
Que vit le religieux que nous mentionnerons,
Membre d’une bien étrange confrérie
Isolée en plein cœur d’une forêt dépérie.
Leur église gothique, dôme noir d’ébène,
Parmi les arbres se devine à peine,
Façade de pierres couleur étain
Survolant la brume du petit matin.
C’est ici, dans ce curieux paysage,
Que les plus séduisants et obscènes visages
De tout le pays viennent trouver refuge,
Pour ainsi éviter tout le grabuge
Provoqué par leur maudite apparence.
Car voilà leur principale souffrance :
Leur aspect parmi les plus envoûtants
Qui entraine ravages et tourments.
Et c’est après maints tracas qu’ils firent le choix
D’expier leurs péchés et erreurs d’autrefois,
Consacrant toute leur existence ultérieure
Au culte de la beauté intérieure.
Un exquis religieux s’échappe du bâtiment,
Les yeux vagues et sans larmes, l’air absent,
Déambulant comme un voyageur illusoire
Egaré dans la grisaille du soir
Vers les jardins colorés assiégeant l’édifice.
Cheveux d’or régnant sur le ciel lapis,
Bouche rubis faite d’amples promesses
Les yeux émeraude d’une infinie tendresse ;
C’est bien ce genre de perfection qui rejette
Les failles d’une beauté toute discrète.
Le pieux homme s’assoit au bord d’une obscure
Fontaine de granit, ornée de fines sculptures
D’anges très laids qui s’enlacent amoureusement,
Pourvus de saphirs au cœur qui, joyeusement,
Rayonnent comme de maigres soleils.
Il se penche sur cette eau qui l’émerveille,
Clignant son regard vide, jouant avec les minces
Filets d’eau qui ne savent tenir en place, coince
Ces longs serpents espiègles entre ses doigts
Tout en défiant son propre regard qui ondoie.
Les yeux à présent embués de larmes,
Le croyant frappe ce reflet si plein de charme,
Qu’il n’en reste que le regard d’un fou.
N’y faisant rien, l’eau se crispant sous ses coups,
Il frappe encore plus fort, et voit l’impitoyable
Fontaine s’agiter de spasmes interminables.
Un long filet d’eau attrape le malheureux
Pour l’attirer vers le bassin désireux ;
Il étouffe un faible cri quand la fontaine
L’avale tout entier, qu’à jamais lui appartienne
Cet impossible visage, pendant que s’évertuent
Une ultime fois les cloches de l’église perdue.