Margho
Maître Poète
Dernière emmontagnée vers un possible ailleurs,
Ultime transhumance en un monde meilleur,
Le berger est parti un matin de novembre.
Ce fut, cette année là, un bien amer décembre…
La veille de Noël, il est coutume ici,
D’offrir bonne ration aux chevaux à minuit,
Suivant la tradition, j’allais à l’écurie
Mais mon cœur était triste, mon âme endolorie.
Un grand calme régnait, les bêtes étaient sereines.
Je sentis près de moi comme présence humaine,
Quelque chose, quelqu’un, invisible et aimant,
Et je sus à l’instant que c’était mon amant.
Quand je vis au matin les fleurs du forsythia,
Qui pointaient sous la neige, malgré les grands frimas,
Je sus que mon berger les avait fait éclore
Pour apaiser mes peines et chagrins de l’aurore.
Chaque année à Noël une branche fleurit…
Quelques étoiles d’or que m’offre mon chéri.