rivière
Maître Poète
Je vous plains d’ignorer la délicatesse du monde
Parfois, dans des émissions télévisées,
ou des journaux sur papier glacé,
des hommes très sérieux
tirés à quatre épingles,
présentés
comme des experts,
s’interrogent souvent
sur la légitimité de la poésie.
- « En ces temps d’austérité,
que nous traversons
depuis plus de quarante ans,
énoncent-ils avec morgue,
les enfants n’ont que faire
des fables de La Fontaine et de Florian,
de citer les noms des trouvères,
ou les stances de Corneille !
Exprimons-le tout net, soyons réalistes :
à quoi bon des poètes
dans une société
où règnent les nouvelles technologies.
L’avenir appartient aux entreprises,
se rengorgent-t-ils.
De plus, il conviendrait de nous affranchir
des règles grammaticales,
et
de simplifier
le code du travail,
tout le reste n’est que faribole ! »
Je vous plains, messieurs,
d’ignorer
la délicatesse du monde,
les oiseaux de liesse,
qui
tressaillent
aux chuchotis des nuées,
la villanelle d’une goutte d’eau
sur les rosaces de clarté,
le sonnet des lucioles
au
creux des chemins,
le sourire de la Femme
qui est la Reine du monde
devant
les ogives de l’aube,
car la poésie est l’Art premier,
celui de la Création,
qui distingue les humains des animaux,
et adoucit les passions.
La poétesse célèbre
les thèmes fondateurs du Monde,
la vie,
l’enfance, l’amour, la tendresse,
la vénusté de sa Douce
aux mains blanches,
l’espoir, et élégie des roses.
Tout le reste n’est que vent !
Sophie 839
Parfois, dans des émissions télévisées,
ou des journaux sur papier glacé,
des hommes très sérieux
tirés à quatre épingles,
présentés
comme des experts,
s’interrogent souvent
sur la légitimité de la poésie.
- « En ces temps d’austérité,
que nous traversons
depuis plus de quarante ans,
énoncent-ils avec morgue,
les enfants n’ont que faire
des fables de La Fontaine et de Florian,
de citer les noms des trouvères,
ou les stances de Corneille !
Exprimons-le tout net, soyons réalistes :
à quoi bon des poètes
dans une société
où règnent les nouvelles technologies.
L’avenir appartient aux entreprises,
se rengorgent-t-ils.
De plus, il conviendrait de nous affranchir
des règles grammaticales,
et
de simplifier
le code du travail,
tout le reste n’est que faribole ! »
Je vous plains, messieurs,
d’ignorer
la délicatesse du monde,
les oiseaux de liesse,
qui
tressaillent
aux chuchotis des nuées,
la villanelle d’une goutte d’eau
sur les rosaces de clarté,
le sonnet des lucioles
au
creux des chemins,
le sourire de la Femme
qui est la Reine du monde
devant
les ogives de l’aube,
car la poésie est l’Art premier,
celui de la Création,
qui distingue les humains des animaux,
et adoucit les passions.
La poétesse célèbre
les thèmes fondateurs du Monde,
la vie,
l’enfance, l’amour, la tendresse,
la vénusté de sa Douce
aux mains blanches,
l’espoir, et élégie des roses.
Tout le reste n’est que vent !
Sophie 839